Après avoir assiégé le Jardin de la Compagnie ce matin en guise de protestation, les 400 ressortissants bangladais, travaillant pour Real Garments, ont entériné la décision de retourner au dortoir avec les garanties du ministère du Travail quant à l’entame des négociations. Depuis quatre jours, ces employés de cette usine textile basée à La Tour-Koenig se sont engagés dans un mouvement de grève après avoir constaté une baisse de leurs salaires.
Confirmation a été obtenue par Le Mauricien en fin de matinée que des négociations tripartites seront enclenchées dans les meilleurs délais en vue d’un retour à la normal à l’usine Real Garments. Les responsables du ministère du Travail ont fait comprendre que des officiers seront dépêchés au QG de la compagnie avec d’abord comme principal objectif de renouer le dialogue entre les deux camps. Les sources approchées à la Victoria House confirment également qu’une enquête a été instituée sur les doléances formulées par les grévistes bangladais.
Les travailleurs affirment, selon le syndicaliste Faisal Ally Beegun, que la plupart d’entre eux touchaient Rs 10 000 mensuellement alors que le mois dernier, ils n’ont perçu que Rs 5 000. « Les ouvriers déplorent que Real Garments n’ait pas respecté l’accord convenu. Mais à ce stade de notre enquête, tout porte à croire que l’employeur n’a pas fauté. Il y a eu probablement une mauvaise interprétation quelque part. Nous allons tirer toute cette affaire au clair au cours des négociations qui débuteront plus tard aujourd’hui », indiquent des responsables du ministère du Travail.
Après des échauffourées avec les forces de l’ordre dans la soirée d’hier à La Tour-Koenig, les ouvriers bangladais ont décidé de se déplacer au Jardin de la Compagnie très tôt ce matin en vue de poursuivre leur mouvement de protestation contre la direction. La police s’était déjà préparée à toute éventualité en interdisant d’abord l’accès dans les parages du bâtiment abritant le bureau du ministre du Travail. D’autres officiers ont été affectés aux alentours du Jardin de la Compagnie en vue d’éviter tout dérapage surtout après les événements d’hier.
« Hier soir, au moins cinq véhicules de la police se trouvaient à La Tour-Koenig pour disperser la foule. Plusieurs ouvriers se sont fait gazer. Certains se sont par la suite évanouis et d’autres, blessés, ont dû recevoir des soins à l’hôpital Jeetoo. Avec la menace que la police passe à l’action au Jardin de la Compagnie, nous avons pu convaincre les Bangladais de retourner au dortoir avec les garanties du ministère du Travail que des négociations seront enclenchées aujourd’hui. Il était important de faire disperser cette foule surtout avec les étudiants népalais qui sont en grève de la faim au même endroit », déclare le syndicaliste Faisal Ally Beegun.
D’autre part, Faisal Ally Beegun déplore avec force la manière dont ces ouvriers sont traités à Maurice et surtout le traitement réservé par la police hier. « Ces travailleurs ne sont pas venus à Maurice pour se faire gazer. Nous déplorons ces agissements. Si le marché européen prend connaissance du traitement accordé à ces travailleurs, il y a des risques que des commandes soient annulées. Il serait alors dommage que Maurice soit la grande perdante à cause de certaines compagnies irresponsables », déclare le syndicaliste.