Photo illustration

Une réunion, présidée par Jean François Chaumière, Senior Adviser au Prime Minister’s Office, s’est tenue hier dans le but de passer en revue la situation des artistes travaillant dans les hôtels. Il est question de régulariser leur travail et de leur offrir un statut légal, leur permettant d’avoir une vie professionnelle stable et d’être mieux protégés par la loi. Un comité technique sera mis en place pour travailler sur la question.

Cette réunion, à laquelle a assisté un petit groupe d’artistes comptant une longue carrière dans le secteur hôtelier, s’est tenue en présence de représentants de l’AHRIM, des ministères du Tourisme, de la Culture et des Finances, ainsi que de la SICOM. La situation actuelle a été passée en revue. Comme on le sait, les artistes d’hôtel n’ont pas de contrat de longue durée avec les hôtels et sont recrutés pour des périodes précises et payés comme des « service providers ». L’argent n’est en outre pas toujours versé à la fin de chaque mois, ce qui rend la vie des artistes d’hôtels difficile. Qui plus est, en cas d’accident, ils ne sont pas couverts.

Devant la loi, ils ne sont pas reconnus comme des employés des hôtels où ils évoluent. Le travail n’est pas régulier non plus. Il arrive qu’ils soient remerciés pendant la basse saison. D’où leur cri de détresse depuis de nombreuses années pour régulariser leur situation.

Toutes ces questions ont été abordées lors de la réunion d’hier. Il a ainsi été convenu qu’un comité technique sera mis sur pied pour travailler sur la question. Le but sera d’aller vers la création du « Statut de l’Artiste » dans un cadre légal régi par l’Employment Rights Act et de sensibiliser les responsables d’hôtels pour que les paiements des musiciens soient faits dans un délai raisonnable.

L’AHRIM a réagi positivement aux doléances et signifié sa volonté de travailler pour que les artistes exercent dans un cadre légal. Il sera également question de revoir le système d’arrêt pendant la période de basses saisons. Un plan devra être élaboré afin que les artistes puissent travailler tout le long de l’année.

Avec les amendements apportés à la Copyright Act permettant à la Mauritius Society of Authors (MASA) de gérer le droit voisin, les artistes hôteliers seront invités à s’affilier à la MASA afin qu’une base de données soit établie permettant ainsi à la SICOM d’étudier la mise en place d’un plan de pension à l’intention des artistes. Il faut savoir qu’à plusieurs reprises, des démarches au niveau des autorités ont été entreprises en vue de régulariser la situation des artistes travaillant dans les hôtels. Mais jusqu’ici, rien n’a été concrétisé. D’où la décision de mettre sur pied ce comité technique afin d’élaborer un plan de travail.

Les artistes d’hôtels déplorent souvent leur manque de sécurité dans ce secteur. De même, ils ne peuvent emprunter d’argent auprès des banques pour des projets car leur métier n’est pas reconnu, n’étant en effet pas employés et n’ayant donc pas de fiche de paie. Ils souhaitent que cette nouvelle démarche du gouvernement aboutisse cette fois.

D’autant qu’il est dans le programme du gouvernement de travailler sur le statut de l’artiste. Un expert de l’Unesco était même à Maurice pour travailler sur la question avec le ministère des Arts et de la Culture.