Le ministre des Affaires étrangères russe, Sergey Lavrov, lors de son allocution à la Conférence économique

La Conférence économique Russie-Afrique qui se tient actuellement à Moscou, en Russie, réunit quelque « 1 000 délégués de l’Afrique », a indiqué le site d’information russe Tass.

Cette conférence cadre avec la réunion annuelle des shareholders d’Afreximbank, lancée le 18 juin. Elle devrait constituer une « étape importante » en prélude de la deuxième conférence parlementaire Russie-Afrique, prévu du 1er au 3 juillet, et du premier sommet Russie-Afrique annoncé pour le 24 octobre.

Dans son allocution lors de la conférence, le 20 juin, le ministre des Affaires étrangères russe, Sergey Lavrov, a relevé les « liens d’amitié traditionnels » entre la Russie et l’Afrique, basés sur des principes « d’équité, de respect mutuel et de considération pour les intérêts de chacun ».

Bénéfices mutuels.

La Russie, à travers son homologue, a réitéré son soutien à l’Afrique et a souligné les accords destinés à intensifier les échanges entre les deux continents dans divers domaines, allant des énergies à la culture.

« Nos solides fondations d’amitiés établissent les conditions pour bâtir le commerce, l’économie et les investissements, de même que la coopération dans le secteur bancaire, et pour encourager nos business à implanter des projets mutuellement bénéfiques dans des pays d’Afrique », a déclaré Sergey Lavrov

Le ministre a fait état de la « hausse » dans les échanges commerciaux entre les deux continents : « It exceeded $20 billion last year – and is becoming ever more diversified ».

Le ministre des Affaires étrangères a énuméré des projets d’envergure soutenus par la Russie, notamment en Egypte où est construit la première centrale nucléaire du pays. Cette collaboration s’étend également au système ferroviaire, à l’agriculture, l’économie digitale, l’éducation et la santé, entre autres.

Guerre commerciale.

L’Afrique se place depuis plusieurs années au centre des intérêts commerciaux des puissances mondiales.

A Dakar, au Sénégal, le message de l’administration Trump à l’Afrique était clair : « Choisir les Etats-Unis sur la Chine ou la Russie », a rapporté le Washington Post le 19 juin. Toutefois, comme l’a souligné Karen Dunn Kelley, deputy secretary du commerce des Etats-Unis, les exportations des Etats-Unis vers l’Afrique ont « chuté d’un tier » depuis 2014.

La Chine, elle, souhaite asseoir une position dominante en Afrique. En témoigne la tournée africaine, l’année dernière, du Président Xi Jinping, qui a au passage traversé Maurice en juillet 2018. Lors du Forum Chine-Afrique en septembre 2018, la Chine s’est engagée à investir USD 60 Mds en Afrique dans les trois prochaines années.

De son côté, le Président de la Russie, Vladimir Poutine – qui s’est ce jeudi prêté au jeu annuel de questions-réponses avec son peuple -, prévoit de rencontrer une cinquantaine de chefs d’Etats africains en octobre à Sotchi, en Russie, lors du sommet Russie-Afrique.

Lors d’une réunion d’affaires à Moscou, en janvier, Anton Kobyakov, conseiller du Président russe, s’était dit confiant que de telles conférence permettraient de « renforcer » les « business contacts” avec l’Afrique. 

Benedict Oramah, président et chairman du board des directeurs de l’Afreximbank avait alors déclaré : « We are, of course, very pleased that Moscow will host the annual meeting of Afreximbank shareholders ».

Ce jeudi, le ministre Sergey Lavrov a rappelé que « to the best of my knowledge, this is only the second time that the African Export-Import Bank is holding this event outside the African continent ». Ce qui traduit, pour lui, la confiance placée en la Russie.