Alors qu’une législation existe ailleurs pour des produits comportant le label bio, rien n’est mentionné à ce propos dans le Food Act (qui date de 1998) à Maurice. Aucun contrôle n’est exercé pour attester qu’aucune entourloupe n’est faite pour arnaquer ou orienter une clientèle de plus en plus nombreuse et sensible à son bien-être et/ou soucieuse de la préservation de l’environnement.
On dit qu’ils sont bons pour la santé, ont meilleur goût et se conservent plus longtemps. Les produits comportant le label bio sont très prisés à Maurice depuis quelque temps. Ils sont mis en évidence dans certains supermarchés. Dans d’autres, leur présence se fait plus discrète. De nos jours, on trouve même des magasins spécialisés dans la vente de ce type de produits.
Les prix de ces produits font cependant tiquer. Certains consommateurs estiment qu’ils ne sont pas assez abordables. Ce qui n’a pas empêché la pénétration constante des produits bio sur le marché mauricien. Son succès est tel qu’une “arnaque” est toujours possible.
Diane Desmarais, nutritionniste, le souligne : “Un produit classé naturel n’est pas forcément 100% bon pour la santé. Le terme “produit naturel” est souvent utilisé comme un argument de vente. Il faut prendre en considération les ingrédients qui composent le produit. Dès que l’on note un nom chimique sur la liste, on peut conclure que ce n’est pas un produit bio.”
Législation.
Dans toute cette jungle où la contrefaçon est parfois difficilement décelable, comment s’assurer d’acheter le bon produit ? La réponse est simple : il faut chercher les labels AB ou Ecocert, les deux certifications les plus répandues à Maurice, soulignent Jayen Chellum de l’Association pour la Protection des Consommateurs de l’Île Maurice (ACIM), et Diane Desmarais. C’est le seul recours pour s’assurer qu’un produit est bio ou non. Mais dans ce monde où tout – ou presque – est falsifiable, les clients doivent s’assurer que le logo est authentique et qu’il n’a pas été altéré.
En Europe et ailleurs, il existe une législation pour ces produits. Chez nous, au niveau du ministère de la Santé, ce type de produit est considéré comme “nouveau”; rien n’a encore été mis en place pour le contrôle et les vérifications. Le département sanitaire, qui contrôle la qualité des produits mis en vente, ne peut que se fier aux documents (claims) fournis par l’importateur. Le Food Act ne fait mention, à propos du label sur les produits préemballés, que “the name of the food, which shall reflect the true nature of the food contained therein and the label shall mention in particular whether any substance has been added or abstracted from the food; where the food contains edible fat or edible oil, the name of the edible fat or edible oil together with the common name of the animal or vegetable from which such fat or oil is derived”. La liste des ingrédients composant le produit doit être écrite en anglais ou en français et énumérée en ordre décroissant selon la masse ou le pourcentage.
Produits sains.
En l’absence d’un organisme de régulation locale, tout est possible. D’où la mise en garde de nos interlocuteurs. Il en est de même pour les producteurs locaux de légumes. Un des agriculteurs produisant des légumes sans l’addition de produits chimiques préfère parler d’agriculture raisonnée, en attendant d’obtenir sa certification d’Ecocert, l’organisme qu’il a approché (voir plus loin).
Eric Mangar, du Mouvement pour l’autosuffisance alimentaire (MAA), estime qu’on ne peut être certain qu’un légume est bio en le produisant soi-même à travers la méthode d’agriculture écologique. Pour lui, “Maurice est un petit pays. Il faut vraiment être éloigné des zones de plantation traditionnelles pour être certain que le champ que l’on cultive ne risque pas d’être contaminé par des engrais chimiques”.
Si certains consommateurs sont passés au bio, c’est davantage pour leur santé. Diane Desmarais et Jayen Chellum estiment que la culture de la sauvegarde de l’environnement n’est pas encore vraiment entrée dans nos moeurs. “L’argument de la protection de la planète n’est pas vraiment leur souci”, souligne la nutritionniste.
Le succès des produits bio ne découle pas seulement d’un effet de mode. Les produits bio sont définitivement plus sains. Ceux qui les consomment évitent une pollution interne de leur organisme.
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Produits bio à gogo
Pionnier dans la vente des produits bio à Maurice, Axios Health Shop ne cesse d’innover. En sus du label bio, Axios a adopté le concept Equitable (Fair Trade), d’où le label “Bio-Equitable” présent sur nombre de ses références. La dimension humaine et sociale de cette activité est essentielle, selon le directeur du Groupe, Jean-Luc Willequet. Il faut s’assurer que les produits offerts sont non seulement biologiques (respect des sols et de la nature) mais aussi éthiques : produits en respectant les paysans qui les cultivent. Parmi les produits disponibles chez Axios, citons le quinoa, l’épeautre, les châtaignes, le riz de Camargue, les champignons secs, les algues, etc.
Jean-Luc Willequet souligne que les prix ne sont pas excessifs si l’on tient compte de la qualité et du coût réel d’une démarche bio-équitable sincère. “La production est basée sur des volumes plus faibles et utilise beaucoup plus de main-d’oeuvre. L’agriculture chimique et intensive permet des rendements supérieurs, mais se fait au détriment de la qualité, donc de l’environnement et de la santé humaine.”