Devant l’indifférence des autorités quant à leurs doléances concernant les travaux de construction d’un bâtiment commercial en face du cimetière, les habitants et forces vives de Cap Malheureux, soutenus par le Forum Citoyens Libres (FCL), envisagent de saisir la justice pour cette affaire. Réclamant l’arrêt des travaux sur ce qu’ils assurent être des wetlands, ces citoyens ont déjà contacté leurs hommes de loi pour établir la marche à suivre. L’avoué du FCL fera parvenir, demain, une lettre au District Council en vue d’une consultation des permis qui auraient été octroyés au promoteur du bâtiment commercial. Le FCL espère que le District Coucnil ne fera pas fi du droit à l’information de chaque citoyen.
Georges Ah-Yan, porte-parole du mouvement, indique que « depuis février dernier, nos correspondances sont restées sans réponses. Il est temps que le District Council, le ministère de l’Environnement et le ministère des Terres et du Logement fournissent les explications réclamées. » En effet, depuis deux mois, les habitants de Cap Malheureux militent contre la construction d’un bâtiment commercial en face du cimetière. Selon eux, si la construction est entreprise sur un terrain d’état loué à bail, il demeure que ce terrain fait partie des wetlands. « Si ce n’est pas sur les wetlands, c’est à côté, et le mal sera le même, car un comblement équivaudrait à empêcher la circulation de l’eau », disent ces habitants, dont certains habitent la région depuis plus de 30 ans et affirment que cette zone, en saison de fortes pluies, consiste en une réserve d’eau.
Aussi, outre l’édification du bâtiment lui même, ces citoyens craignent également la construction d’un parking à côté des wetlands. « À l’arrière ou à côté, l’aménagement de parkings équivaut à une menace pour cette zone humide », disent-ils, s’inquiétant des dégâts irréversibles que cause la construction de ce bâtiment à l’environnement.
Si le promoteur, Ravind Ram, soutient pour sa part que ce développement – en l’occurrence, un bâtiment commercial abritant des boutiques touristiques et un supermarché – se fait avec l’aval des autorités concernées, les Forces Vives de Cap Malheureux estiment que les informations données à propos de ce terrain suscitent des interrogations car s’il est indiqué que ce terrain est un State land loué à bail, à aucun moment il n’est mentionné qu’il s’agit de wetlands. D’où le recours du FCL à un arpenteur privé pour une localisation de ce terrain, indiquant où il se situe exactement et s’il concerne les wetlands, ou la buffer zone, ou encore les pas géométriques. Le FCL devrait avoir ces éclaircissements d’ici au milieu de la semaine.
Les habitants de Cap Malheureux souhaitent également prendre connaissances des documents qui attestent que la construction de ce bâtiment se fait selon les règlements. De même, en sus de leurs inquiétudes concernant les zones humides, ces habitants de Cap Malheureux s’inquiètent de la désacralisation du cimetière. Des chefs religieux, de différentes confessions, les ont également rejoints et comptent tenir une conférence de presse cette semaine pour dénoncer la construction de ce bâtiment.