Rs 235 milliards. C’est le coût total de la « contribution nationale », ou INDC (Intended Nationally Determined Contributions) que la République de Maurice se propose de soumettre à la 21e Conférence des Parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (COP21), qui se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre prochains. C’est ce qu’a révélé hier le ministre Raj Dayal, à l’ouverture d’un atelier de validation national de l’INDC mauricien à l’Intercontinental Resort Mauritius, Balaclava. Une INDC énumère les objectifs que se fixe un État afin de réduire ses émissions de dioxyde de carbone à 2 % d’ici 2025.
« La mise en oeuvre de la contribution nationale de la République de Maurice va coûter plus de Rs 54 milliards pour les mesures d’atténuation et environ Rs 181 milliards pour les mesures d’adaptation (voir encadré) — soit un total de Rs 235 milliards. Et cela à travers tous les secteurs jusqu’en 2030 sous formes de financements, d’investissements, de développement et de transferts technologiques ainsi que de renforcement des capacités afin de réaliser pleinement ces mesures identifiées », a indiqué Raj Dayal.
« Sans l’aide de la communauté internationale la République de Maurice ne pourra pas de faire ce qu’elle a l’intention de faire pour lutter contre le changement climatique », insiste le ministre, qui a rappelé que l’INDC indique l’engagement à atteindre un objectif quantifié couvrant toute l’économie pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (dont le dioxyde de carbone) de jusqu’à 30 % d’ici 2030 comparativement au scénario « business as usual ». « Je le précise : nous ne pourrons le faire qu’avec le soutien, l’aide et l’assistance de la communauté internationale », a-t-il martelé.
Selon l’intervenant, Maurice pourra réaliser les objectifs de l’INDC à travers la promotion de l’utilisation intelligente des ressources marines, des énergies renouvelables, de la consommation et la production durables (SCP) dans tous les secteurs de l’économie, la modernisation du réseau d’électricité, un système de transport utilisant les énergies propres, l’agriculture bio, une gestion durable des déchets et un programme soutenu de reforestation, entre autres.
« Malgré nos moyens limités, Maurice a jusqu’ici investi lourdement dans les mesures d’atténuation et d’adaptation. En dépit de notre statut de Petit État insulaire en développement (PEID), nous voulons démontrer, à travers ces mesures d’atténuation et d’adaptation, notre volonté et notre leadership à contribuer pour une solution globale ».
Auparavant, l’ambassadeur de France à Maurice, Laurent Garnier, a annoncé, entre autres, que jusqu’à présent, 59 pays sur les 196 ont soumis leurs INDC, ce qui correspond à un peu plus de 60 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). « Des pays très divers ont rendu leurs contributions : pays développés et en développement (Canada, Gabon, Mexique), gros émetteurs (UE, États-Unis, Chine) mais aussi petites îles en développement (Îles Marshall, Trinité et Tobago). Les pays de la région (Seychelles, Madagascar, Comores) devraient également publier sous peu leur contribution », a-t-il élaboré. « Ces contributions vont permettre de situer une trajectoire collective de baisse des émissions à 2025/2030 », a-t-il ajouté.
 L’ambassadeur a précisé, par ailleurs, que la présidence de la France à la COP21 est neutre. « La France ne défendra pas une solution particulière, qui serait la sienne ou celle de l’Union européenne. Nous soutenons financièrement et avec notre expertise si cela est requis par les autorités nationales, mais nous n’intervenons en aucun cas dans la définition des objectifs », a-t-il insisté.