People on shore look at the Westerdam cruise ship in Sihanoukville on February 19, 2020. - Cambodia's strongman premier has defended his decision to allow a US cruise ship to dock despite at least one passenger later being diagnosed with the deadly coronavirus, while authorities scrambled to track down hundreds that came in contact with her. (Photo by TANG CHHIN Sothy / AFP)

Plusieurs dizaines de touristes, encore bloqués sur un navire de croisière après la découverte d’un cas de coronavirus chez une ex-passagère, ont débarqué mercredi au Cambodge, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Ils ont tous été testés négatifs au virus qui a fait déjà plus de 2.000 morts en Chine, a déclaré un responsable cambodgien.

Plus de 700 membres d’équipage sont toujours à bord du paquebot Westerdam car les examens les concernant sont « encore en cours », a-t-il ajouté.

La croisière sur le paquebot américain avait tourné au mauvais feuilleton pour les 1.455 passagers, venus en majorité des Etats-Unis, d’Europe ou d’Australie.

Ils avaient embarqué le 1er février à Hong Kong et devaient poursuivre leur voyage au Japon.

Mais, alors que des dizaines de cas de contamination, dont deux se sont avérés mortels, étaient recensés dans l’ancienne colonie britannique, le paquebot s’était vu interdire d’accoster dans l’archipel nippon, puis à Taïwan, aux Philippines, sur l’île américaine de Guam et en Thaïlande.

Il avait finalement été autorisé à rallier le port de Sihanoukville dans le sud du Cambodge.

Plus de 1.200 croisiéristes avaient alors débarqué, accueillis pour certains par le Premier ministre cambodgien Hun Sen en personne, à grand renfort de fleurs et d’accolades.

L’homme fort du pays, proche allié de Pékin qui investit des milliards de dollars dans le royaume, avait raillé « la maladie de la peur » entretenue, selon lui, par les autres pays sur le coronavirus. Il avait aussi assuré qu’aucune personne à bord n’était infectée.

En réalité, seule une vingtaine de passagers qui se disaient souffrants avaient été testés, les autres s’étant vu seulement prélever leur température.

Et une touriste américaine de 83 ans, qui avait pris un vol via la Malaisie pour rentrer chez elle, avait finalement été diagnostiquée positive le 15 février à Kuala Lumpur.

Depuis, quelque 230 passagers étaient restés confinés sur le bateau en attendant le résultat de leurs tests.

« Merci beaucoup, Monsieur le Premier ministre » Hun Sen, « je suis juste reconnaissante que le Cambodge nous laisse entrer », a déclaré mercredi une croisiériste à sa descente du navire.

Environ 700 touristes qui avaient débarqué la semaine dernière et gagné Phnom Penh dans la foulée ont également été testés négatifs.

Mais des interrogations demeurent sur les quelque 400 passagers qui, comme la patiente américaine infectée, ont déjà quitté le Cambodge pour regagner leur domicile.

Des observateurs craignent une propagation de l’épidémie, accusant les autorités cambodgiennes d’avoir agi dans cette affaire de manière précipitée sans respecter les consignes de prudence.

Un autre bateau de croisière est encore plus dans la tourmente en Asie.

Plus de 540 cas de coronavirus ont été détectés à ce jour chez des passagers du Diamond Princess, en quarantaine à Yokohama dans la banlieue de Tokyo.

Quelque 500 autres passagers ne présentant pas de symptômes, dont les tests se sont révélés négatifs et qui n’ont pas eu de contact avec des personnes porteuses du virus, devaient débarquer pendant la journée après 14 jours de quarantaine au Japon.

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