Une semaine après la décision entérinant le choix du consortium mené par David Isaacs pour la reprise de Courts avec l’écroulement de l’empire Rawat, les clameurs sont loin de se taire. Sur la controverse quant au « Last Minute Outbidding » de Courts-Asia est venu se greffer le litige au sujet de l’opération de dégraissage du personnel de Courts. Sur les quelque 900 employés actuellement en poste, pas moins de 185 sont actuellement sous le coup d’un licenciement pour raisons économiques. Contrairement à ce qui a été annoncé précédemment, cet exercice touchera les employés à tous les échelons du personnel et non seulement les 20 % applicables au Top Management, employés considérés comme étant impliqués dans la mauvaise administration de Courts sous Dawood Rawat. Entre-temps, une déclaration de David Isaacs est venue relancer la controverse autour du choix de la société pour la reprise de Courts. Sur un autre plan, la presse à Malte annonce que le groupe EIP plc de Paolo Catalfamo est parvenu à ses fins en rachetant les 45 % des actions au nom du Chairman Emeritus de BAI, Dawood Rawat, dont la cotation sur la Bourse de Malte est suspendue depuis le 17 avril dernier, avec la suspension reconduite par la Malta Financial Services Authority au 25 courant.
La principale décision qui émane de la réunion tripartite, présidée par le ministre du Travail et des Relations industrielles, Soodesh Callychurn, est que la vague de licenciements jusqu’à hauteur de 20 % ne sera pas limitée aux membres du Top Management. C’est ce qu’a confirmé au Mauricien Reeaz Chuttoo de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP) après la réunion d’hier alors qu’une nouvelle séance de travail a été convoquée pour lundi matin au ministère avec les parties en présence.
Le nombre de postes, qui seront élagués dans les succursales de Courts selon un premier relevé, est de 185 à tous les niveaux avec le principe de Last In First Out adopté. Le suspense est encore de mise pour les employés de Courts car la liste officielle des employés, qui seront congédiés, attend d’être mise au point. En effet, la liste, présentée lors des discussions d’hier sous l’égide du ministère du Travail, comporte des problèmes et devra être amendée par le management avant le nouveau rendez-vous de lundi.
Cette liste de 185 employés a jeté une douche froide parmi le personnel, qui avait pris pour argent comptant la garantie officielle que le licenciement ne touchera que des hauts cadres mêlés à la mauvaise gestion des affaires de la compagnie. « Face à ce développement, nous avons pris la décision de demander aux autorités de compenser ces employés victimes Over and Above des dispositions de la loi. Il faut se rappeler que ces employés ne sont nullement responsables de ce qui est arrivé au groupe BAI et se retrouvent injustement du jour au lendemain sur le pavé », a fait comprendre le syndicaliste Chuttoo, toujours sur ses gardes par rapport à la liste des 185 de lundi.
De son côté, David Isaacs, qui effectue son come-back chez Courts, est venu alimenter la controverse sur la reprise. Il a concédé que le consortium qu’il dirige a été repêché quasiment à la dernière minute par la Financial Services Commission alors que depuis la mi-avril dernier, Courts Asia était courtisée comme étant le « Preferred Bidder » par les Special Administrators de BAI Co (Mtius) Ltd.
Courts Asia, qui opère des succursales à Singapour, Malaisie et Indonésie, n’a nullement apprécié ce renversement de décision et tente une offensive sur le plan international pour dénoncer cet état de choses. Dans un communiqué émis officiellement, mardi, mention est faite que « Singapore-based electronics and furniture retailer Courts Asia’s plan to expand in Mauritius has suffered a setback. Courts Asia said in a statement that its bid for Courts Mauritius was unsuccessful. This was despite the Special Administrators of the firm having said previously that Courts Asia was the preferred bidder. The administrators had also said no other bid was being considered. » Les responsables de Courts Asia tenteront de soulever toute la question avec une délégation dirigée par le ministre des Finances. Vishnu Lutchmeenaraidoo, en mission officielle dans cette région cette semaine.
D’autre part, Paolo Catalfamo, un spécialiste en Asset Management et Private Banking opérant à Malte et un des principaux actionnaires d’EIP plc, est revenu à la charge pour le rachat des 48,5 % d’actions de Dawood Rawat au sein de GlobalCapital plc, basée à Malte et propriétaire du château médiéval de Rome, évalué à Rs 500 millions. Une précédente tentative d’EIP plc avait été repoussée par les autorités mauriciennes craignant une braderie de ces Assets du groupe BAI à l’étranger et un retour déguisé de Dawood Rawat aux Affaires.
Mais à la mi-semaine, la presse économique à Malte commentant un retour de GlobalCapital plc à la profitabilité après sept ans de pertes, révèle qu’un Share Purchase Agreement est intervenu entre EIP plc et les Special Administrators de BAI Co (Mtius) Ltd). Des sources autorisées soutiennent que Dawood Rawat détient la majorité des actions dans GlobalCapital plc car avec les 48,5 % de Direct Shareholding, il peut compter sur une participation de l’ordre de 5 % appartenant à la société Yukondale Co. Ltd, qui est sous son contrôle direct. Yukondale Co. Ltd fait actuellement l’objet d’une demande de Judge’s Order pour élucider les dessous des transactions financières avec Media Metrix Ltd servant de boîte postale aux détournements de fonds.
« In July 2015 a share purchase agreement was entered into between EIP plc and the conservator for the transfer of the 48.45 % shareholding (of GlobalCapital plc) subject to certain conditions » annonce la presse. À Maurice, avec la Special Administration du groupe BAI prenant fin en eau de boudin, aucune confirmation officielle n’était disponible.
De son côté, un communiqué de GlobalCapital plc note que « as a result of these developments, the present reconstituted Board has reversed the prior Board decision to divest of the group’s investment and advisory function, having been informed that it is the intention of the prospective shareholder to expand the investment operation both locally and in other European territories ».