Philippe Colin a remporté, dimanche à Curepipe, son premier titre de champion de Maurice seniors, au terme des 120 km de course en ligne. Un succès que le coureur de 33 ans a bâti pendant la course, attendant patiemment son heure pour porter, dans le final de l’épreuve, l’estocade à Fidzerald Rabaye et Alexandre Mayer.
Philippe Colin, qui a enregistré dimanche sa septième course de la saison, a signé un chrono de 3h02’59, en devançant ses deux camarades de la dernière échappée dans les ultimes mètres. « Quand j’ai vu que Fidzerald revenait, je me suis accroché et j’ai tout donné. » Pourtant, il n’était pas forcément dans les meilleures dispositions pour l’épreuve la plus importante du calendrier. « J’étais sous antibiotiques. J’ai même eu des crampes dans le dernier tour de circuit. »
Toujours est-il qu’il s’accroche au sein d’un peloton qui voit Yannick Lincoln prendre très tôt la direction des opérations. « Il marche fort en ce moment », admet le champion de Maurice 2017. Mais au fil des kilomètres, les passages dans la montée Lapeyre commencent à peser dans les jambes. Mais lui s’accroche au sein d’un groupe où on retrouve les frères Lagane, Christopher et Grégory, Steward Pharmasse, Lincoln, Alexandre Mayer, Fidzerald Rabaye et le champion sortant, Jordan Lebon.
À deux tours de la fin, les banderilles se succèdent. Et Alexandre Mayer flaire le bon coup. Il sort, suivi de Colin et Rabaye. À eux trois, ils auront raison des favoris, qui ne reviendront pas sur l’échappée du jour. « Au cinquième tour, Mayer et Rabaye ont levé le pied, mais ils ont ensuite collaboré. »
C’est donc dans l’ultime passage dans la montée Lapeyre que se jouera le titre. Alexandre Mayer, qui semble avoir pris du coffre, tentera le bond de sortie. « Je le garde en ligne de mire, 150 m d’avance, pas plus. J’avais des crampes. J’ai tout donné dans les faux plats et je recolle juste avant de basculer », explique encore le vainqueur du jour.
Démarrera alors un sprint à trois, où ils jetteront toutes leurs forces dans la bataille. « J’ai lancé l’emballage de loin. J’ai vu Fidzerald revenir et j’ai tout donné. » À l’arrivée, une victoire, peut-être la plus belle de sa carrière, au moment où il a pris la décision de raccrocher le vélo. « J’ai un boulot prenant. Parfois, je termine ma journée lessivé et je vais aux entraînements. Ça devient de plus en plus dur », confie-t-il.
En attendant, il savoure pleinement ce sacre. Il aura un maillot à montrer lors de l’Étoile de l’océan Indien dans quelques semaines à La Réunion. « J’espère ne pas finir ma carrière sur une chute, comme la fois précédente », conclut-il.