Riccardo Buscarini est un chorégraphe indépendant et danseur italien basé à Londres. En attendant sa nouvelle création « No lander » prévue pour octobre 2015, il évoque pour nos lecteurs en avant-première ce travail et ce qui constitue de manière générale ses « foyers de création ». Mouvements du corps, techniques, poétiques aussi, Riccardo Buscarini s’inspire de ses expériences personnelles dans les déterminants de ce qui l’entoure, dans l’espace que lui ouvre le cinéma, ses lectures, la sculpture, dans les gestes et les visages qu’il croise dans les rues, dans les espaces marges ou résonnent le voyage, la migrance, l’attente, la non-appartenance. Autant de choses qui s’animent pour créer une vision qui dérive, éphémère et fragile. Riccardo a commencé par un théâtre de marionnettes de Noël à l’âge de cinq ans. Il a continué à construire et imaginer des mondes.
En 2006, à 21 ans, il quitte l’Italie pour étudier à Londres à la London Contemporary Dance School, où il obtient son diplôme en 2009.
Qu’est-ce qui caractérise votre écriture chorégraphique ? Vos intentions renouvelées à chaque fois ? Un caractère fortement autobiographique ?
R.B : Plus j’avance, plus je me rends compte que le matériau sur lequel je travaille est moi-même. Le point de départ de chaque projet prend la forme d’un questionnement personnel ou une suggestion. On peut dire que mon travail est par certains aspects autobiographique. C’est le trait d’union dans mon répertoire de danse. Jusqu’à présent mes créations sont assez différentes. J’aime renouveler mon art. Je ne cherche pas à avoir une “signature chorégraphique” ou créer un vocabulaire. Ce que je recherche, c’est le bon champ lexical, une bonne approche du thème, ou du concept que je veux élaborer. Je pense que l’écriture chorégraphique c’est… écrire : un essai sur la physique ou un poème d’amour sont différents sur le plan stylistique parce que le vocabulaire et la forme sont recherchés en fonction du thème que l’auteur veut traiter.