Le Synode Général convoqué hier par l’Église d’Angleterre a voté en faveur de l’ordination des femmes à l’épiscopat et a obtenu les deux tiers de voix requises pour ce changement majeur et qui est qualifié d’« historique » dans les milieux de l’Église anglicane. Lors de cette assemblée synodale hier, les conservateurs n’ont pas fait obstacle comme ce fut le cas lors d’un précédent vote en 2012.
Depuis l’accession des femmes à la prêtrise en 1994, un bon nombre de membres de l’Église d’Angleterre attendaient ce moment. Cette question a provoqué des divisions sérieuses au sein de cette Église, avec d’un côté les conservateurs et de l’autre les libéraux. Mais les partisans pour l’ordination des femmes à l’épiscopat ont mené un combat sans relâche. Le vote qui a eu lieu à York a été précédé de cinq heures de débats sur la motion permettant aux femmes d’être évêques. Cette motion a été soutenue par Mgr Justin Welby, l’Archevêque de Canterbury, qui rappelons-le était à Maurice du 4 au 6 juillet dernier ainsi que par le Premier ministre David Cameron.
Par ailleurs Le Mauricien avait interrogé Mgr Welby sur cette question d’ordination des femmes à l’épiscopat lors de l’interview qu’il nous avait accordé (voir plus loin). « Nous avons le vote final sur une proposition de changement de loi pour que l’Église puisse nommer des femmes évêques dans notre synode et en même temps nous allons protéger ceux qui ont des difficultés théologiques avec l’idée. Notre priorité est de veiller à ce que tous les membres de la communion anglicane continuent à s’épanouir dans leur foi et que tous soient les bienvenus dans l’Église quelle que soit leur opinion à ce sujet. Ces divergences ne sont pas un souci mais c’est une réalité dont l’archevêque doit tenir compte. Je ne passe pas des nuits en m’inquiétant de ce problème », nous avait répondu le chef de la Communion anglicane.
À Maurice, Mgr Ian Ernest, archevêque de la Province anglicane de l’océan Indien, qui s’est souvent prononcé en faveur d’une plus grande place aux femmes dans l’organisation de l’Église, a suivi avec beaucoup d’intérêt le déroulement de ce vote. « Cela fait quand même un combat de longue durée et qui porte ses fruits dans l’Église aujourd’hui. L’organisation de l’Église comprend le diaconat, la prêtrise et l’épiscopat. Je suis heureux de ce dénouement qui redonne espérance car la femme retrouve sa place et sa dignité dans la haute hiérarchie de l’Église. Depuis 2006 la Province de l’océan Indien a accepté l’ordination des femmes et nous avons eu une femme prêtre qui a travaillé quelque temps dans la paroisse de Tamarin », a déclaré ce matin au Mauricien Ian Ernest.