La peinture sur roche est une manière pour les hommes de témoigner de leur vie. Comme dans la plupart des civilisations, celles découvertes sur les montagnes de Helan dans la région autonome de Ningxia Hui en Chine prouvent qu’il y a eu des nomades qui ont vécu sur place il y a plus de 2 000 ans. À l’initiative du Centre culturel chinois (CCC), l’archéologue chinois Zhu Cunshi a animé une conférence sur le sujet en son siège à Bell-Village, la semaine dernière.
La Chine compte parmi les pays avec une histoire des plus riches en ce qui concerne la peinture sur roche. Lors de son intervention, Zhu Cunshi a situé les découvertes sur les montagnes de Helan à l’âge de pierre. Il a parlé de différentes périodes jusqu’à l’âge de bronze, élaborant sur les différents outils utilisés – de la pierre au fer – par les civilisations qui s’y sont succédées pour graver leur histoire sur la pierre.
Selon les récentes recherches archéologiques, ces roches gravées ou peintes se trouvent dispersées entre le nord et le sud de la chaîne de montagnes sur une distance de plus de 200 kilomètres. Plus de 2 000 images ont été répertoriées. Pour Zhu Cunshi, grâce à ces peintures sur roche, la montagne témoigne d’une importante tranche de l’histoire de l’humanité de cette partie du monde.
Selon l’archéologue chinois, au départ, c’est la vénération des dieux sous toutes ses formes qui motivait des artistes de l’époque. Par la suite, poursuit-il, ils ont commencé à reproduire leur expérience au niveau de la chasse et ainsi de suite. Ainsi, portraits, totems, scènes de chasse, d’animaux (chèvres, chevaux, tigres, bovins), de danse, de guerre sont parmi les thèmes évoqués la plupart du temps par ces peuples. Le conférencier observe par exemple que les scènes de danse évoquaient les sentiments.
À une question de la salle sur la monochromie des images, Zhu Cunshi indique que la plupart du temps, c’est le sang des animaux qui était utilisé pour peindre. Ces artistes des temps anciens utilisaient aussi des minéraux, ajoute-t-il.
Zhu Cunshi constate que les images, même si elles ont perdu de leur éclat, sont toujours lisibles malgré les intempéries et le passage de ces milliers d’années. Ceci, indique-t-il, est un appel quasi naturel aux peuples de préserver l’environnement, avec pour résultat de continuer à conserver ces richesses de l’humanité.
Par ailleurs, Zhu Cunshi souligne que jusqu’ici il a limité ses recherches qu’en Chine. Il souhaiterait cependant, s’il avait les moyens, les étendre à d’autres pays.
En 2004, le gouvernement de la région autonome de Ningxia Hui avait approuvé la décision de demander le classement de ces roches sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Depuis 1997, les pierres peintes sont considérées comme telles de manière informelle par l’UNESCO. Des travaux en amont à son inscription ont révélé l’existence de 5 000 pièces classées sous 2 000 groupes. Une vingtaine de reliques avaient aussi été découvertes.