Le Mauritius Labour Congress (MLC) et la Textile, Garment and General Workers Union (TGGWU) réclament du ministère du Travail, une enquête sur les conditions de travail à l’usine Firemont Textile Ltd de Goodlands. Cela suite à la décision de la direction de délocaliser ses 368 employés vers l’unité de la Tour Koenig, sans qu’il n’y ait eu consultations avec ses derniers et les syndicats. Sont également dénoncées des conditions inhumaines et dégradantes dont des employés se disent soumis. « Nou malad, li koup nou bonis prezans. Depi 30 an mo travay-la, mo gagn zis Rs 5 000 par mwa ».
« À la Mauritius Labour Congress (MLC), nous pensons qu’il est grand temps que le ministère du Travail enquête sur les conditions de travail des employés de la Firemount Textile Ltd de Goodlands. Nous envisageons d’aller plus loin en alertant les clients américains vers lesquels cette usine exporte ses produits sous l’African Growth and Opportunity Act (AGOA). Il faut dénoncer les conditions inhumaines au sein desquelles travaillent ces employés », a déclaré le président du MLC, Aniff Peerun. « Il est inacceptable, dans une île Maurice du 21e siècle, que des travailleurs soient traités avec tant d’inhumanité et de mépris », avance-t-il.
Aniff Peerun a animé ce midi une rencontre avec la presse en présence, entre autres, de Housma Devi Aukhojee-Seesungkur et Beejay Somai, respectivement présidente et secrétaire de la TGGWU et des représentants des employés de l’usine.
Deux employées de l’usine ont témoigné des « conditions inhumaines » auxquelles ils sont soumis au quotidien dans cette usine où ils exercent depuis environ 30 ans, comme bon nombre d’entre eux. « Patron pa swiv lalwa Moris ! Nou malad, li koup nou bonis prezans. Depi 30 an mo travay-la, mo gagn zis Rs 5 000 par mwa », a relaté Bassanti Ramparsad. Une autre employée, Vassookee Cuthasamy, dénonce, elle, les conditions « dégradantes » qu’elle dit subir des responsables de l’usine. « Enn bonswar li pa reponn nou. Dan nou fatig dibout nou azize, li donn koudpie dan stool nou pe asize », avance-t-elle. En outre, poursuit cette dernière, les employés sont sous « haute surveillance, même jusqu’aux toilettes ». « Zot met kamera kot twalet… Kan ou malad ou pa gagn drwa repoze, ou bizin al dan twalet », dit-elle.
La goutte d’eau qui a fait déborder le vase, selon Beejay Somai, est la récente décision de la direction de l’usine de transférer tous les 368 employés de l’unité de Goodlands vers celle de La Tour Koenig. « Le 13 juin dernier, ces employés ont reçu leur lettre de transfert sans aucune consultation préalable ni avec eux ni avec le syndicat. Une violation d’un droit élémentaire des employés », déplore-t-il, « la grosse majorité des employés habite le Nord. Cela va perturber leur vie familiale ».
Le secrétaire de la TGGWU explique que trois réunions avec les responsables du ministère du Travail n’ont rien donné jusqu’ici. « Même le ministère a reconnu que notre demande pour une indemnité de deux mois par année de service et le remboursement des congés maladie, entre autres, sont “raisonnables et honnêtes”», a-t-il indiqué.
La présidente de la TGGWU, Housma Devi Aukhojee-Seesungkur, a, pour sa part, réclamé l’intervention personnelle du ministre du Travail,  Soodesh Callichurn. « Nou demann li lev depi so sez e vinn pran kont ki pe pase. Mo enn madam, mo bien konpran soufrans sa bann madam-la », a-t-elle expliqué.
« Nous aurons une autre réunion tripartite le 28 juillet et nous attendons une contre-proposition sérieuse du patron. Nous n’allons pas nous laisser faire », a soutenu de son côté Beejay Somai.