Un salesman, poursuivi en cour de Pamplemousses sous trois charges de détournement d’argent d’une compagnie, a été acquitté par la magistrate Adila Hamuth. Cette dernière a conclu que les documents de la compagnie présentés en cour ne démontraient pas qu’il y a eu détournement d’argent, ajoutant que le plaignant a fait des allégations injustifiées selon lesquelles les documents avaient été falsifiés alors qu’ils portaient la signature de sa femme et de sa fille.
L’accusé, salesman de profession, a été embauché par le plaignant, un directeur de compagnie, en avril 2008. La compagnie distribue des produits à des supermarchés et boutiques à travers l’île. Le rôle du salesman était de prendre les commandes des clients dans une région précise et de collecter l’argent des clients à qui les produits ont été délivrés. Le salesman devait ensuite se rendre au bureau de caisse de la compagnie pour consigner sur une salesman receivable sheet la somme qu’il a reçue des clients, le numéro du reçu et la date de la transaction. Le document était signé ensuite par le plaignant ou bien sa femme ou sa fille.
Le 3 février 2010, le plaignant a donné une déposition à la police selon laquelle l’accusé n’avait pas remis à la compagnie une somme d’argent qu’il avait collectée des clients. Selon le plaignant, les reçus donnés aux clients et ceux remis à la compagnie ne portaient pas le même montant ; celui remis aux clients portait une somme plus importante. L’accusé, pour sa part, devait nier avoir détourné une quelconque somme d’argent. Il devait soutenir qu’après avoir collecté l’argent des clients, il leur donnait un reçu puis il remettait l’argent collecté à la compagnie le jour même, ou le lendemain si la caisse était déjà fermée. L’accusé a expliqué en cour qu’il faisait toujours une copie des documents qu’il remettait à la compagnie et qu’il les avait fournis à la police dans le cadre de l’enquête. Les documents présentés en cour par la poursuite ont démontré que les différents paiements des clients avaient été effectués et les reçus remis par l’accusé le confirmaient. Le plaignant a cependant soutenu que les documents avaient été falsifiés, même s’ils portaient la signature de sa femme ou de sa fille. Le plaignant avait affirmé sous la première charge que son employé n’avait pas remis la somme de Rs 40 000 des Rs 705 255 collectées des clients pour la distribution de produits. L’accusé devait réfuter ces allégations en indiquant qu’il avait reçu Rs 50 525 cash et le reste par chèque.
La magistrate a conclu que les documents prouvaient que la somme de Rs 50 525 avait été remise au plaignant et a de ce fait rayé la première charge. Concernant la deuxième charge de détournement de Rs 10 000, elle a trouvé que les documents censés prouver le délit ne pouvaient être considérés comme des preuves étant donné que rien n’indiquait de qui ils émanaient. Concernant la troisième charge, elle a relevé des contradictions entre la somme indiquée dans le chef d’accusation et celle mentionnée par la poursuite. La magistrate a par ailleurs considéré que le plaignant a consigné de fausses allégations selon lesquelles les documents avaient été falsifiés quand il s’est aperçu qu’ils ne jouaient pas en sa faveur. Elle a ainsi accordé le bénéfice du doute au salesman, rayant les trois charges portées contre lui.