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Dans le cadre d’un projet de développement communautaire parrainé par le Lion’s Club de Quatre-Bornes, une vingtaine de familles parmi les plus démunies du village du Morne, dont des squatteurs, ont été initiées aux techniques d’élevage de lapins. Ce projet s’insère plus globalement dans un plan d’adduction d’eau potable et de développement agricole pour ce village délaissé comptant quelque 1700 habitants mis en chantier par la Central Water Authority (CWA) avec le soutien de la HSBC.

Les résidents ont eux-mêmes sélectionné les familles bénéficiaires, qui ont bénéficié d’une formation intégrale dans l’élevage des lapins. Formation assurée par le Mouvement Pour l’Autosuffisance Alimentaire (MAA) et qui comprenait, entre autres, les techniques de construction de clapiers dans le respect des normes spatiales agronomiques ainsi qu’une initiation aux mesures de précaution à prendre contre les principales maladies qui affectent les lapins, notamment la coccidiose qui est susceptible d’endommager le foie du petit mammifère herbivore.

Pour ce projet d’élevage à l’intention de ce groupe de démunis, l’économiste Pierre Dinan, qui se trouve être lui-même éleveur de lapins et qui, avec l’âge, a décidé d’abandonner cette activité, a gracieusement offert tout le petit bétail qui lui restait. Outre d’être un animal de compagnie idéal pour des enfants, le lapin est élevé pour sa chair réputée très riche en protéines. Cette bête offre aussi le grand avantage de se reproduire rapidement.

Eric Mangar, du MAA, raconte qu’au milieu des années 1980 quand un problème aigu de malnutrition affectait grandement des habitants de Roche-Bois, un projet semblable d’élevage de lapins et de poules pondeuses avait été mis en chantier à l’intention d’une dizaine de familles démunies avec le concours du Centre de Développement de Roche-Bois (CDRB). Bien vite, dit-il, le projet allait s’étendre à plus d’une centaine de familles. “Les habitants disposant, avec ce projet d’élevage, d’une source appréciable de protéines, à terme, le grave problème de malnutrition qui affectait surtout les enfants s’était atténué”, se souvient-t-il.

L’agronome évoque aussi les avantages économiques de l’élevage de lapins. Il rappelle qu’en matière de fourrage, la région du Morne regorge d’acacias. “En fait, les éleveurs n’auront au final que de s’acheter une quantité limitée de granulés industriels.” Comme pour souligner la nature intégrale de la formation qui a été dispensée aux bénéficiaires, Eric Mangar indique qu’il leur a été inculqué les techniques d’abattage et de dépeçage du lapin. Il rappelle, de même, que les déjections de lapins représentent un engrais idéal pour la culture bio.

Dans un deuxième temps et si tout marche comme prévu, il est envisagé d’embarquer les éleveurs choisis dans l’élevage d’autres produits, dont des poules pondeuses, des canards et, éventuellement, des chèvres et des moutons. L’objectif ultime est de trouver des débouchés auprès des établissements hôteliers des environs pour l’écoulement d’une partie de la production quand celle-ci aura atteint sa vitesse de croisière.