DEVARAJEN KANAKSABEE

Ce samedi 18 mai 2019 constitue un moment crucial dans l’histoire des mouvements de libération à travers le monde. Il y a dix ans les Tigres de l’Eelam tamoul, ces militants de l’autodétermination, déposèrent les armes avec un drapeau blanc en main, symbole de paix. Et ce, suite à un appel lancé par l’ancien président des États-Unis Barack Obama.

DEVARAJEN KANAKSABEE

Cependant, Rajapaksha, le président d’alors du Sri Lanka, fidèle à ses habitudes terrorisantes et aidé en cela par certaines grandes puissances, en particulier l’Inde, ne jouant pas le jeu des conventions militaires, opta pour l’annihilation de ce mouvement de guérilla.

Des troupes armées de grandes nations bombardèrent tout sur leur passage tuant des civils innocents, enfants, femmes enceintes, personnes âgées et même des handicapés. Il s’agit d’un génocide sans pareil dans l’histoire moderne de l’humanité et le monde est resté silencieux, indifférent. On ne parvient toujours pas à déterminer le nombre de gens cruellement tués dans cette épreuve de force, ce massacre du siècle; certains avancent le chiffre de 200 000 victimes mais les statistiques diffèrent. Pourtant, à mon sens, jamais au cours de son long combat, le Liberation Tigers of Tamil Eelam (LTTE) n’a tué le moindre civil.

Sri Lanka était aux premières heures de l’histoire dirigé par des royaumes tamouls. D’où des noms de lieux tamouls éparpillés sur son vaste territoire. Sri Vijaya, avec 400 bandits venant de l’ouest du Bengale, ont établi leur premier royaume à côté de celui des Tamouls; l’île était divisée en deux. Une grande partie côtière était occupée par les Tamouls mais les Britanniques, après leur départ, ont donné gain de cause à la majorité cingalaise privant les Tamouls, ces indigènes du Sri Lanka, de leur droit le plus fondamental.

À une reprise, l’Inde a échoué avec l’Indian Peacekeeping Force qui a fait l’objet d’une forte résistance des Tigres tamouls; elle a voulu venger cette défaite et y est parvenue jusqu’à l’heure. Un État séparé au Sri Lanka pour ses premiers habitants signifie la montée en flèche du nationalisme tamoul au TamilNaadu. C’est cela qui constitue la principale crainte de l’Inde, qui en dépit du fait qu’on partage quelques pans de l’histoire, n’a pas hésité un seul instant à se coaliser avec ses ennemis pour exterminer des Tamouls du Sri Lanka.
Le sort des Tamouls ressemble à celui des Kurdes et des Basques; bien qu’ils aient une grande civilisation, leurs peuples ne disposent pas d’un territoire à eux. Mais il n’est pas loin le jour où le drapeau du Tamil Eelam flottera au siège des Nations unies, à New York.

C’est dans ce contexte que nous nous réunissons, une rose à la main, ce samedi 18 mai à 16 heures devant le mémorial destiné à cette cause légitime dans l’enceinte du Plaza, à Rose-Hill, pour rendre un vibrant hommage à tous ces militants et autres civils tombés sur le champ de bataille au Sri Lanka. On vous y attend, chers amis défenseurs des droits humains. Merci !