Depuis la mi-journée de lundi, l’entourage politique du leader du PMSD intériorise le fait que celui-ci se retrouve en ballottage défavorable dans le rapport des forces entre partenaires au sein de l’alliance gouvernementale. Même s’il ne faudra pas s’attendre à entendre le PM, Navin Ramgoolam, confirmer toute intention de jouer la carte d’un nouveau remaniement ministériel, les observateurs politiques sont sur leurs gardes en vue  de ne pas rater les premiers signes allant dans ce sens. Toujours en cette période post-électorale, un autre ministre du gouvernement, Shakeel Mohamed, est devenu la cible des syndicats avec des amendements à la loi du travail, considérés comme étant une « soumission complète aux diktats du patronat. » La General Workers Federation et le Joint Negotiating Panel de l’industrie sucrière sont montés au créneau pour réclamer un désaveu du ministre Mohamed par le PM avec le retrait de ces projets de loi à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale de mardi.
La déconvenue politique de l’alliance gouvernementale à Quatre-Bornes et à Curepipe et la sévère râclée administrée par le Remake 2000 MMM/MSM à Beau-Bassin/Rose-Hill sont tout simplement attribuées au poids « coq » du PMSD au sein de l’électorat urbain. C’est du moins l’analyse formulée en privé par des Die-Hard Labourites, se présentant comme étant proches du leader travailliste même si en public, pour ne pas mettre en péril la mince majorité gouvernementale dans la conjoncture, ils préfèrent éviter de tenir un tel langage.
« La présence de Xavier-Luc Duval sur le terrain à Quatre-Bornes et celle du ministre Michael Sik Yuen à Curepipe n’ont pu peser de tout leur poids électoral pour garder ces deux villes sous le contrôle de l’alliance PTr/PMSD. C’est une évidence. La situation est encore pire si l’on évalue la performance du gouvernement dans les arrondissements de Beau-Bassin/Rose-Hill où les candidats de l’alliance PTr/PMSD ont essuyé une humiliante défaite », fait comprendre à Week-End un membre de la majorité gouvernementale, dont la proximité avec le leadership du Labour peut difficilement être contestée.
Interrogée, cette source ajoutera que « le message de la responsabilité de la défaite aux municipales a été transmis de manière subtile à qui de droit » sans donner d’autres précisions sur la suite des événements. Dans le camp du PMSD, même si l’on tente d’afficher à la surface le mood Business as usual depuis le début de la semaine en mettant la défaite sur « le dos de l’abstention », l’on affirme que « le prix politique de cette déroute aux municipales pourrait être lourd à payer » avec des ministères de moindre importance au PMSD.
L’une des premières conséquences est que l’importance du PMSD a été tout bonnement « cut to size » vu que le joker politique de Navin Ramgoolam à Curepipe se nomme Eric Guimbeau. La preuve est donnée par la rapidité avec laquelle le PM a réagi, vendredi, à la proposition du MMSD à l’effet que son conseiller se présentera à l’élection mairale et s’alliera avec le parti qui soutiendra Mario Bienvenu lors de cette première joute.
Pour certains Insiders politiques, ce soutien de Navin Ramgoolam au candidat du MMSD à Curepipe confirme que « des vibrations politiques entre Ramgoolam et Guimbeau devront bientôt se faire sentir. » Toutefois, à ce stade, il est difficile de confirmer la forme politique élargie que pourrait prendre ce soutien sur le plan municipal permettant au PTr/PMSD de sauver la mise à Curepipe. Le leader du MMSD a annoncé un nouveau point de presse pour demain en vue d’apporter des précisions sur le casse-tête chinois de Curepipe.
Un prochain remaniement ministériel, intervenant quasiment à mi-mandat, devrait bien traduire les intentions du PM à l’égard de cet « allié retrouvé. » L’option d’une Musical Chair ministérielle avant la rentrée parlementaire de mars 2013 n’est nullement improbable avec les ministères attribués au PMSD actuellement à la clé. La question de l’après-municipales est de savoir qui de XLD ou de Michael Sik Yuen gardera son maroquin minstériel actuel. Toutefois, moins d’une semaine après les municipales, aucune des sources n’a voulu s’aventurer pour commenter le timing et l’envergure d’un tel exerice d’autant que cette affaire ne relève que de « la seule prérogative du PM. »
Dans l’immédiat, Navin Ramgoolam est confronté à un autre souci majeur, celui de désamorcer la bombe syndicale avec le ministre du Travail et des Relations industrielles, Shakeel Mohamed, dans le collimateur. La GWF et le JNP de l’industrie sucrière se mobilisent pour réclamer le retrait des deux projets de loi visant à amender l’Employment Relations Act et l’Employment Rights Act de l’ordre du jour de mardi. Après une assemblée de délégués syndicaux, hier, la décision a été prise d’adresser une lettre à chacun des ministres et des parlementaires pour les sensibiliser à la « portée anti-travailleurs » des amendements Mohamed et pour obtenir leur soutien dans cette revendication.
« Nous allons également chercher un rendez-vous avec le PM, mardi matin, en vue d’obtenir des précisions quant à la décision du gouvernement face à la demande syndicale. Au cas où les deux porjets de loi sont maintenus jusqu’au Committee Stage, soit l’étape de l’adoption, nous prévoyons des actions syndicales spontanées et symboliques, que ce soit dans la capitale ou sur des sites de travail comme le port ou l’industrie sucrière, dès mardi même. Nous souhaitons que le bon sens prévaudra bien avant », déclare Ashok Subron, l’un des animateurs de la GWF et du JNP.
Le principal grief syndical est que les amendements proposés par le ministre Mohamed représentent un véritable recul sur les acquis des travailleurs en terme de droit de grève dans la loi-cadre de 2008. Les représentants syndicaux accusent Shakeel Mohamed de s’être aligné sur la position de la Mauritius Sugar Producers’ Association et de la Mauritius Employers Federation en vue d’éliminer le droit de grève.
« If the concept of interdicting the reporting of a labour dispute while a collective agreement is in force, is introduced by Shakeel Mohamed, it will render caduc and null and void the very basis of the agreement concluded under the aegis of the same minister Shakeel Mohamed. It also reintroduces the very condition that the sugar oligarchy was pressing for at that time: the relinquishment of the right to strike by labourers and artisans during the 2013 national level negotiation. One wonders what was the real agenda of Shakeel Mohamed when he negotiated with the unions and the sugar oligarchy? Was he fooling the unions, the Prime Minister, the Labour Party, the MMM, the MSM – who all sided with the unions at that time? », se demandent les dirigeants syndicaux dans la lettre aux parlementaires.
La GWF et le JNP de l’industrie sucrière contestent également les nouveaux pouvoirs octroyés à l’Employment Relations Tribunal lors de l’organisation du vote des travailleurs pour déclencher une grève. « La Commission de Conciliation et de Médiation a été écartée de cette responsabilité sur pression et ordre du patronat au mnistre », soutiennent les syndicalistes, qui se disent déterminés à aller jusqu’au bout pour obtenir satisfaction sur ces aspects fondamentaux de la loi du travail.