Le Fonds Monétaire International (FMI) a, dans son dernier rapport sur les Perspectives de l’économie mondiale, publié cette semaine, revu à la baisse son estimation du taux de croissance de l’économie mauricienne en 2014. Le taux a été ramené à 3,3 % au lieu de 3,7 % comme anticipé dans ses précédentes communications. Le FMI prévoit pour 2015 un taux de croissance plus élevé, soit d’environ 3,9 %.
Il faut se rappeler que la mission du FMI dirigée par Martin Petri à Maurice en début d’année, dans le cadre des consultations régulières sous l’Article IV, avait projeté un taux de croissance réelle de 3,7 % cette année tiré par une activité plus intense dans le secteur du seafood, le développement des secteurs des services financiers et des nouvelles technologies de l’information et de la communication ainsi que par une amélioration de la demande externe. La mission Petri avait même annoncé que la croissance 2014 pourrait être plus élevée si les projets d’investissements du secteur public sont exécutés plus rapidement et que l’investissement du côté du secteur privé s’accélère.
Le rapport de la mission Petri fut ensuite avalisé par le conseil d’administration du FMI qui, dans une communication publiée en avril 2014, avait confirmé les principaux indicateurs économiques : croissance de 3,7 %, inflation à 3,9 % (headline inflation) et taux d’investissement brut de 23,2 % pour cette année. Le rapport détaillé de la mission Petri fut rendu public début mai 2014, le FMI soulignant que « the economy is operating slightly below potential, domestic investment has fallen, and the planned medium-term fiscal consolidation has been delayed ». Tout en notant que la croissance est toujours positive, le FMI devait mettre en garde contre la morosité accrue dans la zone euro et le manque d’efforts en matière de réformes économiques.
Le rapport du FMI sur les « Perspectives Économiques Régionales : Afrique subsaharienne » d’avril 2014 avait estimé que la croissance économique à Maurice allait rebondir en 2015 pour atteindre 4 % mais ce taux a été ramené à 3,9 % dans le dernier rapport sur l’économie globale.
Ce rapport souligne qu’« une reprise inégale de l’économie mondiale se poursuit, mais à un rythme légèrement plus lent que prévu en avril 2014 ». Le FMI prévoit que la croissance mondiale atteindra en moyenne 3,3 % en 2014, comme en 2013, et passera à 3,8 % en 2015. Selon les experts du fonds, la dégradation des perspectives de croissance mondiale pour 2014 tient à un tassement de l’activité économique dans les pays avancés au premier semestre de 2014 et à des perspectives moins optimistes pour plusieurs pays émergents.
Les taux de croissance potentielle, c’est-à-dire le rythme auquel la production annuelle peut progresser sans faire monter l’inflation, sont révisés à la baisse aussi. « Cette détérioration des perspectives pèse sur la confiance, la demande et la croissance actuelles », déclare Olivier Blanchard, conseiller économique et chef du département des études du FMI. Dans le monde entier, l’investissement est plus faible que prévu depuis quelque temps. En conséquence, « la croissance mondiale reste médiocre », observe Olivier Blanchard.
Dans les pays avancés, la croissance devrait passer à 1,8 % en 2014 et à 2,3 % en 2015 alors que les pays émergents et pays en développement pourraient enregistrer un taux de 4,4 % en 2014. En Afrique subsaharienne, la croissance serait de l’ordre de 5,1 % cette année.