Une première ébauche de feuille de route portant sur le développement d’une économie océanique devrait être prête fin septembre. C’est ce qu’a annoncé hier après-midi Milan Meetarbhan, ambassadeur de Maurice aux Nations unies et président du symposium national sur l’économie de l’océan, qui s’est tenue ces deux derniers jours au centre de conférence Swami Vivekananda, au Domaine Les Pailles. La préparation de cette feuille de route sera vraisemblablement pilotée par la Special Unit for Ocean Matters du Bureau du Premier ministre, qui a organisé le symposium avec le Board of Investment.
Milan Meetarbhan a annoncé que les préparatifs en vue de l’élaboration de la feuille de route démarreront immédiatement après la clôture du symposium afin qu’une première ébauche soit disponible fin septembre pour être soumise au gouvernement. Aussitôt l’approbation du gouvernement obtenue, l’ébauche sera ensuite rendue publique pour des commentaires des diverses parties concernées par le développement de nos ressources océaniques, allant des activités de préservation de l’écosystème marin à l’exploitation économique des ressources, en passant par la mise en place d’un cadre légal et réglementaire approprié et le développement des capacités institutionnelles et humaines. « Nous avons encore beaucoup à apprendre de l’économie de l’océan », a déclaré Milan Meetarbhan. Ce dernier a fait comprendre que les autorités mauriciennes n’ont pas la prétention de dire que la feuille de route sera un plan de travail auquel le pays doit obligatoirement se rattacher pour une période donnée. La feuille de route devra être modulée ou revue, dépendant de l’évolution de la technologie et de bien d’autres facteurs.
« The process to come up with a road map for the ocean economy is forward-looking, cross-sectoral and multi-disciplinary », a fait ressortir Ken Poonoosamy, directeur général du BOI, dans son allocution de clôture. Il a soutenu que la préparation d’un tel document nécessite l’apport d’un grand nombre d’experts locaux ainsi que de contributions venant de l’étranger, soit de spécialistes de questions techniques – touchant à la science et à la technologie, à l’énergie, à la pêche, à l’environnement, à la biotechnologie marine, à la construction de navires et au tourisme –, ainsi que des experts en matière de prévisions sur le long terme. « The road map will thus gather the thoughts of a wide range of key stakeholders : maritime and energy industries; conservation and recreation interests and academic experts », a annoncé le directeur général du BOI.
Selon Ken Poonoosamy, la feuille de route sera élaborée à partir des recommandations de cinq sous-comités devant se pencher sur les secteurs d’activités suivants : le seafood ou la transformation de produits de la mer, les services (biotechnologie, tourisme médical, croisière, entre autres), l’énergie marine et l’hydrocarbure, les activités maritimes et le développement portuaire, ainsi que le Deep Ocean Water Application (DOWA), dont l’utilisation de l’eau froide des profondeurs pour les besoins de climatisation ou encore du développement de l’aquaculture. « The road map will roll out specific actions and time-lines to move ahead with the projects », a indiqué Ken Poonoosamy.
Le directeur général du BOI a exhorté toutes les parties concernées par l’économie de l’océan à partager leurs vues sur les ressources disponibles et exploitables, les structures à mettre en place pour un développement durable et sur les projets envisageables. « We will require working together, share information, and plan smartly to grow our economy, keep our ocean healthy, and enjoy the highest benefits from our ocean resources, now and in the future », a-t-il ajouté.  
Plusieurs suggestions ont été formulées par les six groupes de discussions institués à l’issue de la première journée du symposium. Dans les grandes lignes, ces propositions portent sur la mise en place d’un cadre légal et régulatoire approprié pour faciliter un développement durable, la coordination entre les différentes institutions concernées de près ou de loin par le développement de l’économie océanique, la coopération sur le plan régional, la disponibilité de données fiables sur les ressources océaniques et les activités économiques, l’élaboration d’un cadre relatif aux droits de propriétés intellectuelles, la libéralisation des services d’approvisionnement des navires, une sensibilisation adéquate et une participation totale de la communauté des pêcheurs et des compagnies de pêche aux objectifs fixés dans la feuille de route, un apport important des institutions spécialisées dans la recherche et le développement, la formation des jeunes – incluant l’introduction de l’enseignement de l’économie océanique dans le cursus scolaire –, la promotion de partenariats publics–privés, la création d’un one stop-shop pour s’occuper de toutes les questions relevant des activités océaniques, le développement de la biotechnologie marine, le financement des petites et moyennes entreprises, la préparation d’un plan de vulgarisation de l’aquaculture, la mise sur pied d’un « World Class Oceanic Institute », la promotion de l’écotourisme et des croisières, une meilleure délimitation et gestion des lagons et zones côtières, la relance des activités de pêche sur les bancs ou encore l’exploitation de l’énergie provenant de l’océan.
À noter que l’un des représentants de la Banque mondiale au symposium, le Mauricien Yuvan Beejadhur, Partnership Specialist au sein de la division du Sustainable Development Network, a salué l’initiative mauricienne d’explorer les opportunités offertes par l’économie océanique et a laissé entendre que la BM est prête à soutenir le pays dans la mise à exécution de la feuille de route à ce sujet.