Les problèmes au niveau de la Tertiary Education Commission (TEC) ne cessent d’empirer. La récente nomination du Pr Ashok Kumar Bakshi en tant qu’Executive Director de cette instance avait pour objectif de ramener la sérénité dans le secteur de l’éducation tertiaire et d’apporter des solutions à des problèmes chroniques. Mais les derniers développements ne font qu’apporter des éléments déstabilisateurs. Des informations en provenance de l’Inde semblent confirmer que le nouveau directeur exécutif de la TEC avait eu des démêlés avec les autorités de l’université de Delhi au point où des disciplinary measures ont été envisagées à son encontre le 27 juillet dernier. À ce stade, les autorités mauriciennes, prises de court par ces dénonciations émanant de la Society for Values and Ethics in Education de l’Inde, sont littéralement engagées dans une course contre la montre pour en savoir plus sur le problème Bakshi.
Les informations disponibles sont que depuis le 9 octobre dernier, le président de la Society for Education and Ethics in India, le Dr Praveen Kumar Janjua, a écrit officiellement au haut commissaire mauricien en Inde, le Dr Arye Kumas Jagessur, avec copies au gouverneur de l’État d’Uttar Pradesh et au vice-chancelier de l’université de Delhi, le Pr Dinesh Singh, pour faire état de ses observations sur le cas du Pr Bakshi, qui était en congé de cette université pour occuper les fonctions de l’Uttar Pradesh Rajarshi Tandon Open University d’Allahabad. « I am surprised that how the Delhi University has issued NOC as Mauritius has appointed such a tainted person on this prestigious position (at the TEC) », écrit-il dans cette correspondance de dénonciations.
Le président de la Society for Values and Ethics in Education s’appuie sur les Minutes of Proceedings de l’Executive Council de l’université de Delhi en date du 17 août dernier pour formuler ses accusations contre le Pr Bakshi. Cette réunion du comité exécutif de l’université de Delhi avait entériné une décision préconisant des mesures disciplinaires à l’encontre du Pr Bakshi (voir fac-similé du document accompagnant la lettre de dénonciations).
À Maurice, très peu d’informations ont transpiré quant à la nature des problèmes du nouveau directeur exécutif de la TEC avec son précédent employeur en Inde et des sanctions envisagées. Dès la publication des premiers détails sur l’affaire Bakshi dans les colonnes de l’hebdomadaire Week-End hier, les autorités locales se sont réveillées abruptement pour approfondir cette affaire, qui risque de porter davantage atteinte à l’intégrité de la TEC.
Les premiers concernés par le cas Bakshi ne sont autre que les membres du panel d’interviewers pour le recrutement de l’Executive Director et également la présidence de la TEC assumée par le Pr Donald Ah Chuen. Des sources bien renseignées avancent que l’exercice de recrutement avait été confié à un panel constitué de Yousouf Abdullatif, ancien chef de Cabinet du gouvernement, Régis Yatsin, ancien secrétaire au Cabinet, Khemil Gobine, consultant en gestion des ressources humaines, Azad Jeetun, jusqu’à tout récemment directeur de la Mauritius Employers’ Federation (MEF) et le Dr Hookoomsing, président du conseil d’administration du Food and Agricultural Research Council.
Les procédures adoptées et suivies par le panel de recrutement sont actuellement passées au crible pour confirmer si l’Executive Committee de l’université de Delhi avait été approché formellement pour la Clearance du Pr Bakshi et si les problèmes de ce dernier, qui remontent à la période précédant le choix de l’Executive Director de la TEC, étaient connus de la partie mauricienne. L’embarras à Maurice est encore plus grand car la nomination du Pr Bakshi avait été évoquée lors d’une des précédentes réunions du conseil des ministres présidée par le Premier ministre Navin Ramgoolam. La question est également de savoir si le feu vert des autorités indiennes au plus haut niveau avait été recherché à cette même occasion.
Avec les premiers éléments de réponses fournis par le ministère de l’Enseignement supérieur, force est de constater que le Directorship du Pr Bakshi à la TEC démarre dans des conditions compromettantes alors que le dossier des filiales des universités indiennes opérant à Maurice, dont l’Eastern Institute of Integrated Learning and Management University du Jeetah Trust, est toujours en suspens.
D’autre part, un communiqué émis par la TEC, vendredi, souligne que lors d’une rencontre avec les membres du personnel, le Pr A. K. Bakshi a déclaré qu’il portera avec les membres de la Commission, la TEC « to new heights ». Il a également déclaré que l’Inde — bien qu’il y ait 600 universités pour une population de 1,2 milliard — a les mêmes problèmes que Maurice. Il est d’accord que l’accès à l’éducation est vital et que Maurice est sur le bon chemin.
« In line with this, Pr Bakshi supports the fact that equity is important when we talk of quality education. He believes that even the poorest should have access to education ; finance should not be a barrier. He admires the effort that has been done to promote access and equity to tertiary education », note le communiqué.
« I am a tough administrator with a humane approach », ajoute le nouveau directeur. Après s’être appesanti sur plusieurs valeurs entre autres la discipline, la gestion de temps, la responsabilité envers son propre travail, il a déclaré que le nouveau site web de la TEC devrait être lancé d’ici le 4 novembre.