Il y a quelques mois, lorsqu’un cancer du col de l’utérus est découvert par hasard, le monde de Pascale Duval s’effondre. Confrontée aux idées les plus sombres, elle décide de se battre, avec le soutien des siens et de spécialistes réunionnais et mauriciens. Elle a eu raison d’y croire. Désormais guérie, cette mère de 37 ans aborde la vie avec plus d’optimisme. Elle témoigne de l’épreuve traversée afin que d’autres entendent l’espoir.

En apparence, elle est toujours la même. Mais il y a définitivement eu un avant et un après. Elle sent que sa vie a pris un nouveau cours et que son histoire s’écrit désormais autrement. Il y a sept mois, elle s’est retrouvée à un tournant, avec deux voies possibles. L’une représentait la suite du parcours. L’autre, le néant. La vie a choisi qu’elle continuerait d’avancer. Pour elle-même, pour cette fille qu’elle avait élevée comme mère célibataire, pour sa famille, pour ceux qui lui sont proches, ainsi que pour les autres joies et peines qui se présenteraient sur son parcours.

Pascale Duval a repris la marche, consciente à chaque pas qu’elle est une survivante du cancer. Un mal le plus souvent associé à l’irréversible, et contre lequel l’humanité et la science luttent encore pour sauver des vies et éviter les pleurs. La Rosehillienne est de ceux qui ont retrouvé le sourire après avoir lutté pour remonter des abysses des angoisses et du désespoir. Un sourire qu’elle offre de nouveau généreusement dans un éclat qui met en lumière l’espoir qu’elle veut incarner et cette nouvelle positivité qui l’habite dans “ma deuxième vie”. D’où sa décision de témoigner.

Se battre pour vivre.

Ce désir, elle l’a ressenti lorsque le médecin lui a annoncé “que j’étais guérie, que le cancer était parti”. Elle l’a tant espéré tout au long de son traitement, constitué d’une série de tests, d’interventions, de prises de médicaments. Mais c’est aussi l’optimisme de ses médecins, l’espoir et l’amour de ses proches qui l’ont portée et qui lui ont donné l’envie de se battre. Cette bataille pour la survie a été éprouvante. Mais elle avait puisé au fond d’elle-même afin de trouver les bonnes raisons pour faire jaillir la force et l’espoir. Si “miracle” il y a eu, son message est qu’il se trouve en chacun. “Je veux dire à ceux qui sont dans la même situation que nous n’avons pas le droit de nous laisser aller. Nous n’avons pas le droit d’abandonner et de laisser le mal prendre le dessus. C’est à nous de le vaincre.”

En amont, chacun doit être conscient de sa santé et de la nécessité de se faire dépister et suivre de manière régulière. Durant sa rude traversée, elle a compris que le vaccin existe pour prévenir le cancer du col de l’utérus dont elle a été atteint. Il est applicable chez les adolescentes n’ayant pas eu de rapports sexuels. Les spécialistes encouragent aussi les femmes ayant enfanté de faire un suivi annuel à partir de 25 ans. Chez les autres, il est recommandé que cela se fasse chaque deux ans. “Il faut briser les tabous qui perdurent sur ce sujet à Maurice. Les services offerts ici sont bons. Autant en profiter.” Ce suivi est nécessaire puisque le cancer est sournois. Il ne se manifeste souvent par des symptômes qu’à un stade avancé. Ou tout à fait par hasard, lorsqu’on s’y attend le moins. Ce fut précisément le cas pour Pascale Duval.

Le hasard.

Jeune femme charmante, dynamique et joviale, engagée dans l’événementiel, elle a jusqu’alors un parcours honorable, malgré les quelques coups durs de la vie, dont elle s’est relevée. Véritable mère courage, elle est une personnalité assez connue, sans histoire particulière, profitant d’une vie tranquille avec sa famille.

Puis vient le mois de mars. Jusqu’à ce moment, aucun problème de santé, aucun déséquilibre pour lui indiquer qu’un cancer s’était déjà développé en phase un au niveau de son utérus.

Lors d’un repas familial chez son copain à La Réunion, ce dernier lui suggère de se faire voir pour des tests par sa tante gynécologue, qui était aussi à table à ce moment. “J’ai répondu que j’allais très bien et que je n’avais aucun problème.” Son ami insiste. Elle revoit la gynécologue le lendemain pour une série de tests de routine : mammographie, frottis, etc. “Le médecin m’a expliqué que tout était normal. Il ne restait plus qu’à attendre les résultats du frottis, qui tomberaient quinze jours plus tard.” Elle rentre à Maurice et explique cette démarche à son père et à sa fille, leur précisant que tout va bien.

Les premières angoisses.

Quinze jours plus tard, un courriel de La Réunion lui apprend que les résultats obtenus requièrent d’autres tests. Une anomalie a été détectée. Les premières angoisses s’installent, mais elle tente quand même de rassurer les siens avant de partir.

À La Réunion, toutes les possibilités sont considérées : bactérie, infection, papillomavirus, cancer. Au moment des tests cette fois, une biopsie est pratiquée. “J’essayais de relativiser en attendant les résultats. Je me disais que personne n’avait jamais eu le cancer chez moi. Sauf que c’est à ce moment qu’une de mes tantes a appris qu’elle avait un cancer du col de l’utérus. Je me suis efforcée de rassurer ma fille et ma famille, qui angoissaient de plus en plus.”

À La Réunion, le jour de l’annonce des résultats, Pascale Duval est venue avec des cadeaux pour sa gynécologue, considérant qu’il n’avait pas lieu de s’inquiéter et qu’elle ne verrait pas son médecin de sitôt. Mais lorsque son copain lui serre la main dans le bureau de la spécialiste, elle comprend que les nouvelles ne sont pas rassurantes. “Ma gynécologue m’a confirmé qu’il s’agissait d’un cancer. Elle a tout de suite voulu être rassurante en m’expliquant les étapes qu’il fallait suivre pour le traitement. Mais je n’entendais déjà plus rien. Je vivais cela comme une catastrophe. Plus rien n’existait autour de moi. Je me disais que j’allais bientôt mourir.”

Du désespoir à l’espoir.

À Maurice, toute la famille reçoit la nouvelle avec le même désespoir. Mais aussitôt, chacun prend place pour lui apporter le soutien nécessaire afin qu’elle puisse se faire traiter. D’autres diagnostics suivent et elle est vue par un autre spécialiste réunionnais. Ce dernier l’encourage à faire confiance aux services offerts à Maurice dans le domaine. Elle décide finalement de rentrer se faire soigner. L’intervention visant à enlever son utérus tout en gardant ses ovaires, pour éviter la ménopause, est pratiquée par le Dr Siddick Beebeejaun : “Il a été excellent et m’a accompagnée jusqu’au bout.”

Durant toute cette période, Pascale Duval vit différentes phases. Après avoir sombré, elle choisit d’être optimiste et de positiver : “À un moment, j’étais en colère contre la vie, contre Dieu. Je me demandais pourquoi cela m’arrivait à moi qui n’avais fait de mal à personne. J’avais des idées noires, je pensais à la mort.” Elle était torturée par l’idée de ne pas savoir ce qu’il adviendrait à sa fille si elle n’était plus là. “Puis, j’ai retrouvé la force et j’ai décidé d’affronter la situation et de me battre. Il fallait que je guérisse, que je lutte pour me sortir de là.”

La vie est belle.

Elle avait eu raison d’y croire ; les tests finaux le lui confirment. Quelques douleurs au ventre, des traitements suivant les interventions continuent. Mais tout va définitivement mieux pour Pascale Duval, qui tire de grandes leçons de cette éprouvante épreuve : “La vie est belle. Nous avons tendance à nous plaindre et à ne pas être reconnaissants pour ce que nous avons. Que nous manque-t-il pour être heureux ? Le plus important est d’avoir la santé, l’amour et le respect.”

Alors qu’elle reprend ses activités professionnelles et d’autres habitudes qu’elle avait mises de côté durant son traitement et sa convalescence, Pascale Duval sait qu’elle s’est remise debout dans la peau d’une personne grandie. “Aujourd’hui, je me sens plus calme, plus à l’écoute des autres. J’essaye d’enlever la négativité de ma vie et de rester disponible pour ceux qui ont besoin d’être aidés. Je vis ma vie comme j’en ai envie, positivement, sans me soucier du regard des autres.”

Avec Audrey Poussin et Caroline Jodun, Pascale Duval a été chanteuse de la formation féminine qui s’était produite dans plusieurs concerts sous le nom de Sweet Ladies en 2013. Un trio que Scope avait reçu en couverture à l’époque où le groupe vivait ses moments de gloire, avant de passer en mode pause. Sans doute fallait-il un déclic pour ramener les trois voix sur la même scène. En novembre, puisque la vie a permis à cette autre aventure de continuer, la scène et le public seront témoins de cette résurrection…