L’interrogatoire Under Warning du Chief Operating Officer (COO) de British American Investment (BAI), Seemadree Rajanah, qui pourrait durer plus longtemps que prévu au QG du Central CID, devrait déboucher sur la convocation pour audition des membres du Board de ce groupe. C’est ce qui découle des premières séances d’audition du “postman” Rajanah, qui ne fait qu’avancer que « toutes les avances par dizaines de millions ont été consenties sur des directives émanant du Board de BAI ». Entre-temps, les hommes de l’assistant commissaire de police Heman Jangi ont initié des procédures en vue d’obtenir un Judge’s Order pour accéder aux comptes et opérations bancaires de la société Yukondale Ltd, présentée comme la caverne d’Ali Baba pour le financial footprint de Dawood Rawat dans le secteur des médias parlés et écrits. De son côté, Me Shakeel Mohamed, qui avait à ses côtés Me Yousuf Mohamed SC, Laina Rawat et Brian Burns, a commenté la teneur d’une correspondance au sujet du domain name ncbl.mu dans une tentative de relancer la controverse au sujet de la révocation de la banking licence de la Bramer Banking Corporation Ltd et l’incorporation de la National Commercial Bank Ltd en avril dernier.
Huit jours après la première séance d’audition de Seemadree Rajanah, l’on soutient que l’exercice se déroulant dans les locaux du Central CID n’est encore qu’au stade préliminaire avec le principal concerné donnant sa version des faits. « J’étais le responsable des quelque 380 comptes bancaires de ces compagnies faisant partie du groupe BAI. Tout ce que j’ai fait découle des décisions prises par le Board de BA Investment », ne cesse-t-il de répéter à chaque demande de compléments d’informations des enquêteurs.
Ainsi, avec ces détails fournis, deux faits semblent inéluctables, que l’interrogatoire de ce membre du Senior Management de BA Investment durera plus longtemps que prévu et subséquemment, que les membres du Board cette même compagnie devront être impérativement entendus pour la confrontation avec les faits énoncés par le Chief Operating Officer. La durée de l’audition s’expliquerait par le fait que Seemadree Rajanah devra être entendu sur les transactions d’une cinquantaine de sociétés sur les 137 recensées faisant partie de l’empire Rawat.
Parmi les six Board Members de BAI Investment, deux d’entre eux pourraient échapper à toute convocation formelle, à savoir Mahmad A. Rawat et Ahmed A. Rawat, vu que leur nomination au sein de cette instance dirigeante du conglomérat ne remonte qu’à décembre de l’année dernière, soit à la veille de l’écroulement de l’empire Rawat. Les autres directeurs sont le Chairman Emeritus, Dawood Rawat, Sulleman A. Rawat, Moussa A. Rawat et Claudio A.S. Fiestritzer. Toutefois, le timing de ces auditions dépendra des informations révélées par le suspect Rajanah, qui a retenu les services de Me Imteeaz Mamoojee.
En marge des détails fournis par Seemadree Rajanah, le Central CID a pris la décision de saisir la Cour suprême d’une demande de Judge’s Order pour les comptes et opérations bancaires de la compagnie Yukondale Ltd. Cette dernière société, qui est sous le contrôle direct du Chairman Emeritus dans une tentative d’asseoir sa mainmise et son contrôle sur des groupes de presse, a bénéficié de Rs 358 056 033 de Media Metrix Ltd à partir des fonds détournés de BAI Co (Mtius) Ltd. Cette même Media Metrix Ltd est récipiendaire de tainted funds d’un montant de Rs 66 330 000 de BAI Co (Mtius) Ltd selon des relevés officiels compilés par les Special Administrators depuis le début de juin dernier.
En ayant accès par le truchement d’un Judge’s Order aux comptes et dossiers de Yukondale Ltd, le Central CID compte élucider les « relations incestueuses » entre Yukondale Ltd, société qui ne figure pas dans le conglomérat BAI, et Media Metrix Ltd, le bras de contrôle sur une section de la presse activé par Dawood Rawat. Ces documents devront confirmer les investissements du Chairman Emeritus en termes d’équipements de presse, d’accessoires informatiques et de flotte de véhicules dans Yukondale Ltd, qui même si elle disposait d’une rédaction recrutée avec des salaires nettement supérieurs à ceux pratiqués sur le marché, n’a jamais sorti un premier numéro du quotidien annoncé.
D’autre part, Me Shakeel Mohamed a animé un point de presse hier après-midi, suite à la déposition faite par Laina Rawat réclamant une enquête du Central CID sur le document déposé chez elle comportant des informations de nature jugée compromettantes sur l’ouverture de la National Commercial Bank Ltd. Il soutient qu’il y aura « des répercussions fracassantes dans l’affaire BAI si ce document est vrai ».
En effet, le document déposé chez le couple Rawat-Burns indiquerait que le domain name du site internet de la National Commercial Bank, qui a remplacé la Bramer Bank au début d’avril, avait été réservé depuis le 21 janvier 2015. Il ajoute qu’avec l’appui de ce document, l’on peut trouver qu’après la réservation, le site de la NCBL avait été créé le 1er avril et mis à jour le 9 avril. Celui qui aurait procédé à l’enregistrement du site internet de la NCBL figure sur ce document et il serait un ex-employé de la Bramer Bank.
« Au depar zame nou ti pe tann nom nouvo labank la. Pli tar nou tann koz National Commercial Bank et linn fer tre rapidement », déclare Me Shakeel Mohamed. « Ena dimounn bizin donne éclaircissements lor certaines choses. Ena dimounn bizin donne réponse a certaines kestion. Nou encouraz lezot dimounn al de lavant si zot ena lezot information. Dimounn la inn prefer ress anonyme acoz gravite de seki contenir dan docs la », devait-il s’appesantir en ajoutant que la fermeture de la Bramer Bank était préméditée, orchestré de toutes pièces.
« Laina inn demann fer enn lanket pou etablir la veracite de seki contenir dan sa dokima la. Laina anvi transparence, kone kot laverité ete », indique Me Shakeel Mohamed. « This is the smoking gun. The evidence of the conspiracy. Voilà où la machination a commencé », a déclaré Me Shakeel Mohamed en rappelant toutefois qu’il n’accuse personne à tort et à travers et qu’il fait confiance à la police mauricienne pour que l’enquête ne soit pas étouffée.
La première étape de l’enquête du Central CID sera d’établir l’authenticité et la validé du document, qui comporte une référence à PwC.