Face au nombre élevé de cas d’enfants maltraités et abusés, le ministère se lance dans la location d’emplacements pouvant accueillir ces enfants en détresse et en parallèle dans la formation de partenaires pour la gestion de ces abris. Un exercice d’appel d’offres et de candidatures dans ce sens a débuté.
Le nombre d’enfants maltraités et abusés dépasse la capacité d’accueil des deux abris pour les enfants en détresse de l’État – L’oiseau du Paradis dans le Nord et La Colombe dans l’Ouest –, d’où l’urgence de trouver une solution pour remédier au problème de saturation. Le ministère de l’Égalité des genres, du Développement de l’enfant et du Bien-être familial a opté pour la location d’emplacement pour aménager des abris pour accueillir ces enfants en détresse. La semaine prochaine, il lancera ainsi un exercice d’appels d’offres pour la location de bâtiments. L’État, en effet, veut aménager six abris dans chacun des districts de l’île. « Il n’y a pas suffisamment d’abris pour accueillir les enfants maltraités et abusés. Il y a des abris privés mais ces derniers ont leurs propres critères d’admission », rappelle la ministre de tutelle, Mireille Martin, dans une déclaration au Mauricien. Devant l’urgence de la situation, dit-elle, la location d’emplacements est la meilleure solution pour accueillir au plus vite ces enfants en détresse. La construction d’emplacements aurait pris trop de temps, entre les démarches pour débloquer les fonds nécessaires, l’appel d’offres pour le choix du contracteur, les travaux de construction etc. « Nous voulons aider les enfants à se reconstruire et se développer en l’absence de cellule familiale », rappelle Mireille Martin.
Entre janvier et le 1er décembre 2011, la Child Development Unit (CDU) a enregistré 5 607 nouveaux cas d’enfants abusés, maltraités et abandonnés. Pendant cette même période, la CDU a effectué plusieurs interventions comme suit : médicales (177), psychologiques (1 644), assistances légales (315), conseils prodigués aux parents (1 381), et 8 000 visites effectuées dans des foyers concernant le suivi des cas. En janvier 2011, la CDU avait à sa charge 435 enfants placés dans les shelters et à mars 2012, ce chiffre est passé à 485 enfants. En janvier et février 2012, 898 cas d’enfants maltraités, abusés, entre autres, ont été rapportés dans les bureaux de la CDU et à travers la Hotline 113. On dénombre actuellement 54 enfants placés dans 50 familles d’accueil.
En parallèle, le ministère lancera un appel à candidatures pour les ONG et partenaires qui seraient intéressés à gérer ces abris. « Le ministère ne peut être le régulateur et le pourvoyeur de services à la fois. C’est pour cela que nous faisons appel à des partenaires étatiques, qu’ils soient des organisations non-gouvernementales ou des particuliers », affirme Mireille Martin. Un appel à candidatures pour la formation de ces non-State actors sera enclenché la semaine prochaine. La formation sera axée sur la gestion d’abris pour l’accueil d’enfants ayant fait l’objet de maltraitance, de violence et de négligence de la part de leurs parents ou responsables. Une session d’information se tiendra en avril pour les candidats intéressés par la cause des enfants en détresse. Cette session aidera les candidats à savoir à quoi s’attendre dans la gestion d’un tel shelter. « Toutes les informations leur seront communiquées, tant au niveau légal que social, et autour de la gestion. Il y aura également des témoignages d’experts dans la gestions d’abris. Ce sera une session très interactive », promet la ministre. Les formations seront assurées par les cadres du ministère, des psychologues et d’autres personnes ressources issues de différents domaines, de façon, explique-t-on, à uniformiser la manière de gérer ces futurs centres et s’assurer qu’ils soient opérés selon des paramètres définis. La date limite pour l’appel à candidature est le 13 avril. Ces cours, souligne Mireille Martin, devraient être dispensés le week-end afin de cibler le maximum de personnes.