L’indicateur du climat des affaires à Maurice a progressé de 2,9 points (+3,5 %) pour s’établir à 88 points au dernier trimestre 2013, révèle l’enquête trimestrielle de conjoncture effectuée par la Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI) entre le 11 novembre et le 2 décembre 2013. Sans vouloir établir de lien direct entre cette hausse et le budget 2014 dont la présentation a eu lieu le 8 novembre, la MCCI note une amélioration de l’environnement des affaires après deux trimestres assez difficiles.
Le dernier trimestre de l’année, a déclaré Renganaden Padayachy, économiste de la MCCI lors d’une conférence de presse ce matin, est généralement marqué par un dynamisme de l’activité économique, dû au fêtes de fin de fin d’année, cela ayant permis de rétablir la confiance dans le marché tout en suscitant « une légère frénésie dans certains secteurs ». Pour lui, la hausse de l’indicateur du climat de confiance s’explique, d’une part, par des évaluations positives des entrepreneurs interrogés sur les perspectives futures et, d’autre part, une amélioration continue des évaluations sur la situation économique actuelle.
Pour ce qui est des perspectives futures, la MCCI note que le solde des anticipations des entrepreneurs est positif à 16,1 %. En effet, environ 31 % des sondés anticipent une amélioration des affaires au cours du prochain trimestre par rapport à la même période de l’an dernier alors qu’un peu moins de 15 % s’attendent à une détérioration. Donnant ensuite leurs évaluations sur l’évolution des affaires par rapport aux chiffres d’affaires de leurs entreprises, plus de 10 % des entrepreneurs disent avoir constaté une augmentation des ventes au cours des dernières semaines alors que 80 % des chefs d’entreprise interrogés ont fait état d’une stabilisation de leurs chiffres d’affaires.
« Nous constatons que le redressement se poursuit depuis le début du second semestre. Si cette tendance se confirme lors des prochaines enquêtes, nous pourrons nous attendre à une amélioration des perspectives économiques », fait ressortir M. Padayachy. Ce dernier note que nombre d’entreprises citent « les possibilités d’expansion et de diversification des marchés » comme l’un des principaux facteurs contribuant à leur performance améliorée. Une grande majorité de dirigeants d’entreprises déclarent avoir poursuivi leurs efforts vers de nouveaux marchés dans la région et aussi en Afrique pour continuer à alimenter leur propre croissance. Par ailleurs, pour ce qui est des autres facteurs favorables, on parle de « fiscalité accommodante », de « politique de change compétitive », « d’accès plus ouvert aux capitaux » et « d’amélioration de la logistique et de la connectivité ».
Cependant, la MCCI fait remarquer que malgré la progression de 2,9 points, l’indicateur de confiance continue d’évoluer à un niveau assez faible et demeure nettement en dessous de la moyenne de long terme de 100 points de base. Il faut remonter au dernier trimestre 2011 pour voir l’indicateur au dessus des 100 points, soit à 100,1 points. De plus, la MCCI considère qu’il y encore des points négatifs à corriger : le manque ou l’absence de soutien de l’administration publique aux entreprises, une compétition féroce et parfois même déloyale, une demande interne insuffisante, des problèmes récurrents liés au transport collectif affectant ainsi la compétitivité et la rotation voire le manque de personnel qualifié.
Analysant les résultats de l’enquête conjoncturelle concernant l’évolution de certains facteurs macroéconomiques, la MCCI relève que les entrepreneurs prévoient une hausse de leurs investissements sur les douze prochains mois. 25 % des sondés affirment qu’ils vont augmenter le niveau de leurs investissements alors que 9 % annoncent le contraire. Environ 70 % des entreprises consultées vont privilégier les investissements immatériels (achats d’équipement en particulier) et un peu plus de 30 % favorisent les investissements immatériels (recherche et développement). Pour ce qui est de l’emploi, le solde des opinions exprimées est positif à 9 % (23 % indiquant qu’ils vont augmenter leurs effectifs dans les mois à venir et 14 % faisant état d’une baisse probable de la main-d’oeuvre).
A la question portant sur la politique des prix, une grande majorité des sondés ont indiqué avoir maintenu voire baissé les prix de vente de leurs produits/services. La stabilité des prix pour le premier trimestre 2014 va se maintenir, soutient la MCCI. Et celle-ci d’ajouter : « L’année 2013 a été marquée par la maîtrise des prix avec un taux d’inflation de 3,7 % selon Statistics Mauritius. Pour 2014, au vu des données de l’enquête, cette tendance devrait se maintenir et le taux d’inflation devrait se situer en dessous des 4 %, toutes choses égales par ailleurs. »