“Fabrikan lamor nou pa le!” Près d’une centaine de Sablipointeaux ont marché hier de la zone industrielle de La Tour Kœnig au débarcadère de Pointe aux Sables pour exprimer leur colère et leurs appréhensions face à la présence d’usines polluantes à Pointe-aux-Sables.
Petits et grands ont troqué leur tenue du samedi pour leur tenue de sport et des baskets. En effet, le collectif Bien-être de Pointe-aux-Sables a organisé, hier, une marche pacifique pour alerter les autorités.

“Nous faisons face à plusieurs problèmes liés à la pollution dans toutes ses formes. Depuis la construction de la fonderie, les habitants sont affectés par la fumée et l’odeur qu’elle dégage. On a essayé de discuter avec les propriétaires de l’usine et les autorités, mais en vain”, déplore Georges Brelu-Brelu, un des porte-parole du collectif.
Une situation devenue insoutenable pour les habitants qui doivent supporter matin et soir les odeurs nauséabondes des usines, entre autres.

De plus, la construction d’une nouvelle usine fabriquant des produits chimiques dont des insecticides et des pesticides vient envenimer les choses. “Encore une fois, nous les habitants n’étions pas au courant de ce projet de construction. Il n’y avait aucune plaque jusqu’à deux semaines de cela. Nous avons mis une injonction en Cour et, par la suite, les constructeurs ont jugé utile d’informer les habitants aux alentours de la construction de cette usine en installant une plaque. Nous avons, par ailleurs, fait des démarches auprès de Landscope Mauritius, en vain. Il ne répond plus à nos mails et appels”, ajoute Georges Brelu-Brelu.

Pour Gila Peeroo, autre porte-parole du collectif, “il est temps que les autorités réagissent. Cela fait presque deux ans que nous alertons les différents ministères au travers de lettres. Nous ne sommes pas contre le développement, mais contre un développement qui porte atteinte à notre santé, à notre environnement, à nos plantes. Il est inadmissible qu’aujourd’hui encore nos enfants doivent souffrir de problèmes respiratoires.” Celle-ci explique elle aussi avoir écrit à Landscope Mauritius pour leur demander d’arrêter de donner des baux aux usines lourdes qui veulent s’implanter dans la région déjà très affectée. “Nous avons aussi écrit au ministère de l’Environnement pour qu’il arrête de donner des permis, en vain.”

Elle explique qu’avec l’arrivée de cette nouvelle usine et les récents incendies à la CMT, “les habitants sont encore traumatisés et sous le choc. Nous allons à cet effet continuer nos actions en Cour.” Par ailleurs, les Sablipointeaux ont parcouru 2,9 km pour parler également des récentes inondations et pour lancer un appel aux députés de la région. Ludovic Saint Martin, porte-parole de la plate-forme des sinistrés, “demande aux usines de revoir leur position pour le bien-être des habitants et des animaux marins car durant les inondations, tous les produits chimiques sont emportés par les eaux de pluie et sont déversés dans la mer.”