Avec le projet de fermeture de la pêche à l’ourite, le Syndicat des Pêcheurs invite le gouvernement à planifier un emploi alternatif pour les pêcheurs concernés pendant cette période. Selon Judex Rampaul, le président, un fonds dans ce sens doit être mis en place avec la contribution de tous ceux engagés dans des activités de la mer. De même, le syndicat invite les autorités à soutenir les pêcheurs locaux pour des campagnes en haute mer.
Le projet pilote de fermeture de la pêche à l’ourite, mis en place par la Commission de l’océan Indien (COI) et la Mauritius Marine Conservation Society (MMCS) ayant porté ses fruits, le ministère de la Pêche a décidé de l’étendre au niveau national. Le ministre de tutelle, Prem Koonjoo, l’a annoncé à l’Assemblée nationale récemment à la suite d’une question du député de Rodrigues, Christian Leopold. « In view of the very encouraging results obtained during the pilot project, my ministry has decided to introduce legislation to provide for a close season for octopus fishery for the months of August to October as from next year », avait-il déclaré.
Les pêcheurs, qui disent accueillir cette initiative favorablement, souhaitent cependant que le gouvernement mauricien prévoit des emplois alternatifs aux pêcheurs concernés pendant la période de fermeture. Ils rappellent que tel est le cas à Rodrigues, où ce projet de fermeture a été adopté en premier. « Si le ministère de la Pêche n’a pas les fonds nécessaires pour cela, il peut créer un fonds où contribueront d’autres ministères et organismes concernés par la mer. Car si la mer est sous pression aujourd’hui, ce n’est pas uniquement à cause des activités de la pêche. Il y a aussi les activités liées au tourisme, celles du port, sans compter les hôtels. On peut également demander à chaque touriste qui visite Maurice de contribuer à hauteur d’un euro symbolique pour réhabiliter le lagon », dit Judex Rampaul, président du Syndicat des Pêcheurs.
Ce dernier précise qu’il ne s’agit pas là d’une demande de compensation pour les pêcheurs d’ourite, mais bien d’un emploi alternatif ou une aide sociale pendant les deux mois de fermeture. « Ces pêcheurs doivent bien nourrir leurs familles pendant ce temps. La réussite d’un tel projet se fera avec les pêcheurs et il faut les encourager pour cela. »
Par ailleurs, le Syndicat des Pêcheurs invite également les autorités à soutenir les pêcheurs traditionnels à se lancer dans les activités semi-industrielles. À l’exemple du Serenity qui, grâce à un projet élaboré par le Mouvement pour l’Autosuffisance Alimentaire, peut aujourd’hui mener des campagnes de pêche en haute mer. « Nous avons déjà obtenu une “Letter of Intent” du ministère de la Pêche pour pêcher en haute mer, mais il nous faut trouver les équipements nécessaires. Pour cela, nous comptons nous tourner vers différentes instances, comme la COI, l’Union européenne, le Seafood Hub, entre autres. Nous espérons que nous aurons le soutien nécessaire. »
Judex Rampaul rappelle que le Fishermen Investment Trust (FIT) était supposé s’occuper de ce dossier. « Mais malgré les 17 millions investies dans ce fonds, rien n’a été fait depuis sa création. » Il ajoute que le syndicat a réclamé une commission d’enquête sur le FIT depuis l’année dernière. « Mais à ce jour, on n’a rien entendu. »