Shakuntala Verma, mehendi artist venue de Jaipur, de l’État du Rajasthan, dans le cadre du festival de l’Inde, a participé à la première rencontre autour de cet art au Centre Indira Gandhi pour la culture indienne (IGCIC), à Phoenix, jeudi. Un moment de partage, de détente et de découverte pour les membres de l’Indian Women Association (IWA) présidée par Savita Mudgal, épouse du Haut-commissaire indien à Maurice et le public qui a fait le déplacement.
Le paon, les fleurs, les mangues et feuilles de mangues sont les éléments de base de l’art du henné dans l’état du Rajasthan. Shakuntala Verma est issue d’une famille où les femmes pratiquent cet art depuis plusieurs générations et c’est tout naturellement qu’elle s’y est mise depuis toute jeune. Cependant, cela fait 25 ans qu’elle le pratique en tant que professionnelle. « People know I’m a practitioner because I come from a family who has been doing it for generations and it works by mouth to ear ». Notre interlocutrice raconte : « When I was a child, I used to practice on my cousins’ and aunts’ hands ». À cette époque, poursuit-elle, « il n’y avait pas d’école ou d’atelier pour apprendre l’art du henné ». Elle crée elle-même ses modèles en se basant sur les images traditionnelles de la culture rajasthanie. Outre sa dimension esthétique, la composition de l’image dépend de l’occasion pour laquelle le henné est appliqué. On lui accorde la vertu de porter chance dans le mariage et de favoriser l’amour durable. Ainsi, les femmes portent une attention particulière à leur élaboration favorisant les paons, symbole de l’immortalité, la mangue (feuilles, fleurs ou fruit), symbole de l’amour éternel, des fleurs, pour le bonheur ou encore le scorpion pour la passion. Shakuntala Verma ajoute que des palanquins, un dessin d’un couple ou de la mariée font partie de la panoplie d’images utilisées. L’on orne la paume et parfois l’envers des mains, l’avant-bras et les pieds jusqu’au mollet.
Installée dans une des salles du IGCIC, jeudi dernier, dans la matinée, Shakuntala Verma, silencieuse, applique le henné sur la paume de la main d’une de ses hôtes. Les traits sont fins. D’autres observent. Elles attendent leur tour. Quelques-unes des membres de l’IWA qui pratiquent également cet art se plaisent à appliquer le henné sur la paume de la main de leurs amies. Une à une, les femmes défilent sur le fauteuil à côté de l’artiste. Certaines en profitent pour s’approvisionner en cornets de henné que l’artiste vend. On y trouvait aussi une huile spéciale pour le mehendi, des bindis, des bracelets et autres ornements et maquillages. La rencontre a pris fin à la mi-journée par un pot de l’amitié.