Intervenant hier à l’Intercontinental Mauritius Resort, Balaclava, à l’ouverture du 11e Forum des Chefs de la fonction publique des pays d’Afrique membres du Commonwealth, le ministre mauricien de la Fonction publique et de la Réforme de l’administration publique, Sutyadeo Moutia, a exprimé sa conviction de voir les Technologies de l’information et de la communication (TIC) être le catalyseur de la bonne gouvernance. Il a aussi dit sa foi dans la jeunesse africaine.
« L’Afrique a besoin d’une fonction publique capable de soutenir les gouvernements dans leurs efforts de développement. Dans cette optique, les Technologies de l’information et de la communication (TIC) peuvent être le catalyseur de la bonne gouvernance (voir encadré), menant à un gouvernement franc et transparent, à une efficiente livraison de services au public et à un engagement citoyen accru, surtout dans les pays qui ont un vaste territoire, où la plupart des communautés rurales ont tendance à rester déconnectées du centre », a lancé le ministre Moutia à une soixantaine délégués (venant de 18 pays) à ce 11th Forum of Commonwealth Africa Heads of Public Service, réunis à l’Intercontinental Mauritius Resort, Balaclava. Etaient également présents à cette cérémonie d’ouverture le Président de la République, Rajkeswur Purryag, le ministre des TIC, Tassarajen Chedumbrum Pillay, et le directeur de la Governance and Natural Resources Advisory Services Division (GNRASD) du Commonwealth Secretariat, Tim Newman, ainsi que du Senior Chief Executive Sateeaved Seebaluck. « Bien sûr, nos pays respectifs doivent continuer à faire face à la complexité grandissante de nos défis de développement, alors que tout le potentiel des TIC à transformer nos sociétés pour rehausser la participation des citoyens dans nos fonctions publiques n’a pas été pleinement développé en Afrique », a-t-il toutefois nuancé.
Les TIC regroupent les techniques – principalement de l’informatique, de l’audiovisuel, des multimédias, de l’Internet et des télécommunications – qui permettent aux utilisateurs de communiquer, d’accéder aux sources d’informations, de stocker, de manipuler, de produire et de transmettre l’information sous toutes les formes possibles (textes, documents, musiques, son, images, vidéos et interfaces graphiques interactives).
Selon Sutyadeo Moutia, la stratégie du e-government a le mérite de connecter les citoyens aux systèmes. « En fait, les TIC ont la capacité d’implanter de l’intelligence dans les systèmes et les infrastructures, les rendant davantage réactifs, efficaces et productifs », a-t-il souligné.
Le ministre a soutenu qu’une large participation des citoyens aux efforts de développement et une réduction de la fracture numérique sont les conditions préalables pour réaliser un développement durable. « Parce que nous connaissons tous la réalité dans les pays membres du Commonwealth par rapport au taux d’alphabétisation, au niveau de développement économique et à la connectivité à l’Internet, entre autres, nous savons qu’il est vrai que le défi est grand. Car alors que trois milliards de personnes dans le monde seront connectées d’ici 2015, un récent sondage a révélé que seulement moins de 25 Africains sur 100 utilisent actuellement l’Internet », a-t-il déploré.
Dans ce contexte, le ministre a plaidé pour que la jeunesse africaine soit placée sur le même pied d’égalité que celle des pays développés sur l’autoroute du développement (numérique). « Il incombe par conséquent à la fonction publique des pays d’Afrique, le bras exécutant des gouvernements, de revoir leurs procédures et leurs normes de livraisons des services au public pour satisfaire les attentes des citoyens africains, qui aspirent au respect de leurs droits d’être connectés et d’intégrer le processus de développement », a-t-il conclu.
Dans son allocution, le Président de la République s’est félicité, entre autres, que les innovations rapides de la technologie mettent les bienfaits des TIC à la portée d’un plus grand nombre de citoyens dans chaque coin du pays, même jusqu’aux populations les plus pauvres. « Grâce à ces innovations, l’e-government est devenu une nécessité pour chaque secteur d’activités gouvernementales pour aider à résoudre les problèmes relevant de l’éducation, de la santé et de l’allégement de la pauvreté, entre autres », a-t-il précisé.
Ayant pour thème “E-Government for Inclusive and Sustainable Developpement”, ce Forum de trois jours voit la participation d’une soixantaine de délégués venant de 18 pays du Commonwealth. Il est organisé tous les ans depuis 2004 par la Governance and Institutional Development Division du Commonwealth Secretariat. Il vise à promouvoir le dialogue entre les chefs de la fonction publique des pays d’Afrique membres du Commonwealth sur les questions relevant des meilleures pratiques sur les défis contemporains dans le domaine de la gestion et de la livraison des services aux citoyens.