« Enn lavoi pe leve dan Moris. » C’est ainsi que Serge Jauffret, secrétaire de la Confédération syndicale de gauche, qualifie le Forum pour une Nouvelle République, initiative des divers secteurs et groupes d’âge du pays, notamment artistes, écologistes, jeunes et moins jeunes citoyens, étudiants, avocats, syndicalistes. La marche nationale organisée par le Forum le samedi 10 mars, soit deux jours avant la fête de l’Indépendance, aura pour objectif de dire non au communalisme et de « rappeler aux politiciens que le peuple veille au grain ».
« Nous lançons une mise en garde à tous les partis politiques qui consolident le communalisme à Maurice », a déclaré Serge Jauffret à un point de presse hier au Centre social Marie-Reine-de-la-Paix. « Il faut, poursuit le secrétaire de la Confédération syndicale de Gauche (CSG) -Solidarité, en finir avec le communalisme ki pe fer ditor la klas travayer, la sosiete. Il est temps de combattre le communalisme sous toutes ses formes. »
Stephan Gua, citoyen membre du regroupement qui organise la marche, a pour sa part indiqué que cette lutte est une suite logique de celle menée par Rezistans ek Alternativ en 2005 pour dispenser les électeurs mauriciens de décliner leur communauté sur le Nomination Paper aux législatives. Un système qui, selon eux, ne favorise pas un sens d’appartenance à la nation mais tend davantage à les cloisonner dans des regroupements différents.
Cette lutte contre le communalisme n’est pas sans lien avec le débat actuel d’éliminer ou pas le Best Loser System, qui nourrit également, selon les détracteurs du système, le communalisme. « Nous savons que les Mauriciens, dans leur grande majorité, sont profondément anticommunaux et nous leur demandons de ne pas garder leurs convictions dans leur coeur parce que ceux qui vocifèrent le plus fort, ce ne sont pas nécessairement eux qui représentent le mieux les Mauriciens. Venez marcher et écrire l’Histoire ! » a déclaré de son côté Ashok Subron, de Rezistans ek Alternativ.
Michel Chiffonne, autre jeune membre du Forum, a quant à lui indiqué que le but de cette marche est de publier un manifeste qui en découlerait. Kugan Parapen, autre membre, a précisé lui que par Nouvelle République, le regroupement entend « une réforme de notre Constitution et une amélioration de ce qui existe déjà pour régler les problèmes actuels ». Et d’ajouter : « Nous sommes en train d’envoyer un message aux politiciens afin qu’ils revoient la manière dont ils font la politique, qu’ils prennent en considération les attentes du public et non pas faire ce que bon leur semble. »
Pour Serge Jauffret, « toutes les décisions concernant la population sont prises par une poignée de personnes. Il faut donner la parole aux citoyens. Nous croyons dans la justice sociale et cela n’existe pas à Maurice ». Il est par ailleurs d’avis qu’il « existe des lois du travail qui ont été votées au parlement aux dépens de la classe des travailleurs. Il faut une nouvelle loi protégeant les employés ». Joël Toussaint, du Rassemblement des Mauriciens démocrates, estime quant à lui que nous ne sommes pas dans « une démocratie parlementaire mais dans une dictature parlementaire ».
Non à une société de corruption ; non à un gouvernement irresponsable ; non aux « patron ki fer dominer avek klas travayer » ; respect de l’être humain et de ses droits ; tolérance ; démocratie participative ; promotion d’une politique sociale ; protection de l’écologie sont parmi les revendications qui seront faites au cours de la marche. Rendez-vous est donc lancé aux citoyens mauriciens à 13 heures le samedi 10 mars à Bell-Village devant la banque Barclays. Les participants marcheront jusqu’à la Place d’Armes.