Les Champs-Elysées interdits à Paris, Bordeaux décrétée « ville morte »: les autorités françaises anticipent de nouvelles violences à l’occasion d’un autre samedi de manifestations de gilets jaunes, le 20e depuis plus de quatre mois.

L’ampleur de la mobilisation reste encore inconnue, mais les autorités mettent en garde contre des risques de dégradations et la présence de casseurs et de Black blocs.

Vendredi, le maire de Bordeaux, bastion des gilets jaunes dans le sud-ouest de la France, a appelé habitants et commerçants à faire « ville morte ».

« Je décrète la ville morte demain à Bordeaux. Je suis très inquiet de ce qui pourrait se passer. On nous annonce des centaines de casseurs, de gens qui sont là pour en découdre », a déclaré Nicolas Florian, en exhortant les commerçants à fermer leur rideau et les habitants à rester chez eux.

A Toulouse, l’autre grande ville du sud-ouest, la préfecture a annoncé le renforcement du dispositif de sécurité et de secours, alertant sur « la volonté manifeste de certains groupes, violents et très déterminés, de provoquer d’importants troubles à l’ordre public ».

A Paris, les Champs-Elysées seront de nouveau interdits aux manifestations. « Nous devons rester extrêmement vigilants et ne surtout pas baisser la garde face aux individus violents », a insisté cette semaine le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner.

Après de nouvelles violences et scènes de pillages le 16 mars à Paris, le gouvernement a mis en place une stratégie sécuritaire drastique, interdisant certains secteurs aux manifestations, renforçant les contrôles et alourdissant les sanctions en cas de participation à des rassemblements interdits.

Ce dispositif a été testé samedi dernier, où plus de 40.000 gilets jaunes ont manifesté partout en France. Les violences à grande échelle ont été évitées, mais plusieurs incidents ont néanmoins émaillé l’acte 19 du mouvement, notamment en province.

A Nice, une septuagénaire participant à une manifestation interdite avait ainsi été grièvement blessée en tombant pendant une charge de la police.

Coïncidence du calendrier, une des figures des gilets jaunes, Eric Drouet, a été condamné ce vendredi à Paris à 2.000 euros d’amende pour avoir organisé deux rassemblements sans autorisation en décembre et janvier.

M. Drouet, qui réfute tout rôle de leader chez les gilets jaunes, est une des figures médiatiques de ce mouvement né en novembre d’un ras-le-bol social et fiscal, et qui a muté en une contestation protéiforme que le gouvernement ne parvient pas à éteindre.