Depuis la première édition de 2012, il a toujours répondu présent en tant que parrain du Ernest Wiehe Jazz Festival (EWJF). Contacté par téléphone à Paris, François Jeanneau nous parle du festival comme d’un événement qui s’amplifie et qui doit s’élargir en touchant un plus large public. De feu Ernest Wiehe, qu’il a connu et côtoyé sur scène vers la fin des années 80, le saxophoniste français confie qu’il fut un grand nom de la musique, qui a beaucoup oeuvré pour le jazz et les musiciens mauriciens.
En ce vendredi matin, il fait beau à Paris et tout va pour le mieux, confie François Jeanneau à scope. Le temps est idéal pour se consacrer à la musique. Le saxophoniste français a justement une longue journée de travail devant lui. Actuellement, il bosse sur des partitions pour le Conservatoire de Paris. Dans deux jours (le dimanche 6 septembre), il quittera le beau soleil de sa ville de résidence pour les températures moins clémentes de Maurice. Mais c’est avec le même plaisir que les trois années précédentes qu’il viendra chez nous vivre ce grand festival mauricien qu’est l’Ernest Wiehe Jazz Festival (EWJF).
D’emblée, François Jeanneau nous parle d’un honneur personnel pour lui de participer à l’événement, puisqu’il a connu et côtoyé le grand homme de la musique que fut Ernest Wiehe. “Nous avions beaucoup de respect l’un pour l’autre. Ce festival est pour moi une continuation du parcours musical que nous avons effectué ensemble.”
 
Ernest Wiehe.
Vers la fin des années 80, François Jeanneau s’installe à La Réunion pendant quatre ans pour la création du Conservatoire de Musique. Un de ses amis lui parle du Mauricien Ernest Wiehe et lui fait comprendre qu’il est impératif que tous deux, des saxophonistes de talent, se rencontrent. Cela incite François Jeanneau à faire un saut à l’île soeur.
Le passage du saxophoniste français à Maurice est marqué par plusieurs scènes partagées entre lui et Ernest Wiehe à l’hôtel Ambre, où officiait Cyril Michel à l’époque. “C’est fou ! L’image que je garde de cet hôtel est celle qui est présente aujourd’hui et depuis quelques années à l’hôtel Tamarin. Le lieu de rencontre pour les jazzmen et les amateurs de cette musique.” François Jeanneau raconte qu’il a rencontré un personnage humainement formidable en Ernest Wiehe. “C’est un grand nom de la musique qui a énormément oeuvré pour le jazz et les musiciens mauriciens. Il était humble, modeste, généreux et, en même temps, compétent et talentueux.”
 
Longue vie au festival.
Parlant du festival, François Jeanneau se réjouit qu’il s’amplifie. Il est convaincu que le public sera nombreux à le suivre cette année encore. Le musicien français salue l’initiative difficile de Cyril Michel en lançant un tel événement. “Il a beaucoup de mérite, de courage et d’amour pour la musique. Je souhaite longue vie au festival et que j’y sois pendant longtemps encore.”
François Jeanneau, qui a eu l’occasion de participer à plusieurs festivals étrangers, souligne que le risque que l’on peut prendre lorsqu’on organise un projet d’une telle envergure est de vouloir qu’il devienne un gros événement. Et qui dit gros festival dit gros business. “C’est le piège à éviter dans ce genre d’organisation.”
À ce jour, soutient le parrain du EWJF, le festival bénéficie d’une belle conception. Il faudrait seulement l’élargir afin qu’il touche un plus large public. Ceci en programmant, en sus des régionaux, des musiciens d’Europe, des États-Unis, de Chine… L’année dernière, poursuit-il, c’était une bonne idée de proposer des nouveautés, telle cette scène sur la plage de Tamarin où plusieurs artistes s’étaient côtoyés. “C’est toujours formidable de pouvoir se rencontrer et se mélanger. Le partage est plus conséquent.”
 
Partage.
François Jeanneau se dit toujours heureux de retrouver sur scène Philippe Thomas, Neshen Teeroovengadum ou encore le jeune Samuel Laval. Cette année, il regrettera l’absence du pianiste Noël Jean, décédé en octobre 2014.
À travers les noms cités plus haut et grâce à d’autres musiciens, François Jeanneau estime que le jazz mauricien se porte bien. Bien qu’il ne soit pas populaire à Maurice, le jazz est sur la bonne voie. “Tant qu’il parvient à toucher le public et à le sensibiliser, on peut estimer qu’il va bien et qu’on ne le pratique pas pour rien.” Voilà de quoi encourager les jazzmen mauriciens !
Attendu sur scène aux côtés du Sud-Africain Afrika Mkhize, du sextet Gourgui & ses Dalons et pour une Masterclass avec les musiciens de l’Atelier Mo’Zar, François Jeanneau, qui privilégie le partage, a hâte de transmettre ses connaissances aux jeunes. Pour lui, être un artiste, c’est partager ce qu’on sait et ce qu’on fait !