Maurice accueille depuis hier le 3e séminaire-atelier des correspondants nationaux de la Conférence des ministres de l’Education des États et gouvernements de la francophonie (CONFEMEN). Il s’agit d’un moment de partage et de soutien pour le développement des systèmes éducatifs dans les pays membres. Une trentaine de pays francophones participent à cet atelier, qui se tiendra jusqu’au 26 février. La ministre de l’Education, Leela Devi Dookun-Luchoomun, a procédé à l’ouverture hier matin en présence de l’ambassadeur de France, Laurent Garnier, et de Mba Umba Mabiala, directeur de l’Education et de la Jeunesse de l’Organisation internationale de la francophonie.
Faire le bilan des cinq dernières années de la CONFEMEN et les perspectives pour les deux prochaines années, ainsi que renforcer l’implication des correspondants nationaux dans la mise en oeuvre des missions de la CONFEMEN, tels sont les objectifs de ce 3e atelier-séminaire. La mise en place de l’observatoire de l’éducation et la recherche de stratégies novatrices pour assurer un financement durable seront également abordées. La rencontre s’annonce aussi comme un prélude à la 57e session ministérielle de la CONFEMEN, qui se tiendra au Gabon en avril. Le thème est “Comment lutter efficacement contre l’échec et le décrochage scolaires ?”.
S’adressant aux délégués lors de l’ouverture de l’atelier-séminaire, à l’hôtel Holiday Inn, Plaine-Magnien, Leela Devi Dookun-Luchoomun n’a pas manqué de souligner l’importance d’un tel événement. « Nous avons des défis à relever. La CONFEMEN participe activement dans la préparation du document post-2015 en matière d’éducation. Dans ce contexte, j’accueille positivement la synergie avec l’Unesco. » Elle cite parmi ces défis l’éducation des filles, qui demeure un enjeu important. « Beaucoup de filles ne vont pas à l’école pour des raisons sécuritaires, culturelles ou économiques. Il faut nous assurer que l’éducation soit accessible à tous. »
Dans la foulée, Leela Devi Dookun-Luchoomun devait préciser qu’en lien avec les nouveaux objectifs durables, Maurice s’est embarquée sur une réforme de l’éducation. « L’accent est mis sur le développement holistique et le développement des compétences du 21e siècle. » Dans ce contexte, le partage des bonnes pratiques entre pays membres de la CONFEMEN s’avère « enrichissant pour Maurice », a-t-elle fait ressortir. « On apprend autant des autres quand on partage. »
De son côté, l’ambassadeur de France, Laurent Garnier, a insisté sur les valeurs du plurilinguisme à l’école. De même, il a fait référence au rapport de Jacques Attali, stipulant que la francophonie représente le 6e espace géopolitique au monde et pourrait se retrouver à la 4e place en 2050. De même, il est estimé qu’à cette période, 770 millions de personnes parleront le français, contre 250 millions aujourd’hui. Et de préciser : « Cet objectif sera atteint si le cap est maintenu. Et à défaut, nous aurons un recul. D’où l’importance de continuer à solidifier les bases à travers l’éducation. »
Pour Laurent Garnier, le français trouve sa place dans un système éducatif plurilinguistique. À ce titre, Maurice a été citée en exemple. Et « dans un contexte de révolution numérique, on est appelé à modifier les concepts éducatifs », a-t-il ajouté. « L’école de demain doit compter sur les valeurs sûres et la francophonie en est une. »
Le secrétaire général de la CONFEMEN, Jacques KI Boureima, a, lui, rappelé les objectifs 2030 des Nations Unies pour l’éducation. « Le programme mondial sert de référence pour le développement de nos objectifs. » Citant la situation dans 10 pays d’Afrique subsaharienne, il a souligné que 90% des enfants n’ont pas acquis les compétences de base de l’éducation. « Cela donne une idée des défis à relever. » Lors de cette même occasion, les lauréats mauriciens du concours “dix mots”, organisé par la CONFEMEN, ont été récompensés. Il s’agit de Kursvin Dyram Sawmy (Phoenix SSS), Ghurshuran Rai Jhuboo (Piton SSS) et Marie Stéphie Eugénie (Keats College).