Thierry Lagesse, ancien Chairman du Groupe Mon Loisir, le N° 1 des « Top 100 Companies » et d’une série d’autres entités économiques, a pris la décision de faire prévaloir son droit constitutionnel au silence. Au tout début de son interrogatoire Under Warning dans les locaux du Central CID hier matin, il a consigné sa version des faits dans cette affaire d’importation de la voiture Mercedes-Benz SLS 63 AMG, immatriculée 1177 FB 11 tout en s’appesantissant sur le fait qu’à son avis, il n’a commis aucun délit par rapport aux dispositions de la Customs Act. Entre-temps, la Mauritius Revenue Authority (MRA), qui s’est engagée avec la collaboration du Central CID dans l’opération Codenamed Lamborghini, compte étendre cette enquête aux voitures achetées par des membres de l’Assemblée nationale, indépendamment qu’ils soient ministres ou simples Backbenchers, en vue de vérifier si ces voitures n’ont pas été vendues à des tiers avant la période initiale imposée par les réglements statutaires.
Les hommes de loi de Thierry Lagesse, en l’occurrence Mes Sanjay Bhuckory et Jason Harel, quelque peu pris à contre-pied par l’objection de la police à la remise en liberté sous caution de leur client hier après-midi, ont fait émettre un communiqué par le truchement de Medi@talks pour exprimer leur point de vue au sujet de l’évolution de l’enquête sur la fraude fiscale à l’importation de bolides. Au tout début de l’interrogatoire, l’ancien président du conseil d’administration du Groupe Mon Loisir a collaboré avec les limiers du Central CID dans cette enquête se déroulant sous la supervision des assistants commissaires de police Pregassen Vuddamalay et Heman Jangi.
« Thierry Lagesse a réaffirmé, comme il l’a toujours fait, qu’il n’avait absolument rien à faire concernant les démarches relatives au paiement des taxes douanières et le dédouanement de la voiture et qu’il n’a commis aucune infraction de quelque nature que ce soit, incluant la loi régissant l’importation de véhicules », révèle ce communiqué souscrit par les conseils légaux.
Au cours de l’audition sous caution, Thierry Lagesse a fait comprendre aux enquêteurs de la police qu’en date du 24 octobre de l’année dernière, la MRA avait soulevé des objections par rapport à l’utilisation de la Mercedes Benz SLS 63 AMG, importée au début de l’année au nom du Returning Resident Ashish Kumar Seeburrun. Dans un échange de correspondance, Me Jason Harel avait réclamé « des précisions (particulars) par rapport à ce qui était reproché à Thierry Lagesse » au sujet de la Mercedes-papillon.
« La MRA n’a jamais fourni ces explications, mais a arbitrairement référé le dossier à la police. Nous considérons que cela constitue un abus de procédure », rajoutent les conseils légaux, qui confirment que « Thierry Lagesse a préféré ne pas répondre aux questions des enquêteurs ».
Indépendamment de l’exercice de ce droit constitutionnel, le Central CID a repris depuis très tôt ce matin l’interrogatoire interrompu hier suite à la comparution de Thierry Lagesse en Cour de Port-Louis. Dans les milieux proches du Central CID, l’on soutient que même si un suspect garde son droit au silence, il est du devoir des enquêteurs de la police de poser toutes les questions pertinentes à l’enquête et sur la base de la Documentary Evidence versée dans le dossier à charge.
Ainsi, depuis ce matin, Thierry Lagesse est confronté à une série de documents, dont des échanges de courriels entre les différents protagonistes engagés dans l’importation de la Mercedes-Benz SMS 63 AMG depuis fin 2010, aussi bien que toute la documentation officielle relative à la voiture. L’objectif du Central CID avec ce volet de l’enquête est d’établir et confirmer le Lagesse/Toolsee Network en vue de « defraud » les caisses de l’État sous forme de taxes à l’importation.
D’autre part, avec la confirmation d’une première liste de plus d’une trentaine de cas de fraude confirmée à l’importation de berlines de luxe et le démarrage de l’opération Lamborghini au niveau du Central CID, la MRA compte s’attaquer à un autre pan des facilités hors taxes accordées par le ministère des Finances toujours sur les voitures.
Des sources officieuses avancent que des inspecteurs de la MRA procéderont très bientôt à une contre-vérification de la liste de parlementaires bénéficiaires de Duty Free Cars et si les conditions imposées à cet effet sont respectées. La MRA soupçonne que dans certains cas les voitures achetées hors taxes sont vendues à des tierces parties avant le délai légal.
Les procédures engagées par la MRA visent à élaborer la liste de tous les parlementaires-bénéficiaires, les dates auxquelles ces facilités ont été accordées de même que les marques de voitures achetées. Il semblerait que certains des parlementaires, et non pas des moindres, gouvernement et opposition, auront à fournir des explications sur les transactions engagées mais du côté de la MRA, l’on évite de commenter cette affaire, qui devrait faire grand bruit dans les semaines à venir si le projet se matérialise.