Sonnez trompette ou trompez sonnette. Cette contrepèterie ne fait sens que pour les spectateurs d’À gauche en sortant de l’ascenseur. Philippe Houbert prend la suite de son ami Pierre Richard, qui lui-même succéda à Daniel Auteuil. Mais à chacun sa manière de donner chair au peintre Yan du Coudray.
 
Quid du style Houbert ? La distraction du personnage est une constante dans ce divertissement. Les habitués du théâtre retrouveront dans le jeu de Philippe Houbert une certaine distinction, une retenue tout en maîtrise qui caractérise le comédien qu’on a apprécié depuis La cage aux folles et Nuit d’ivresse.
Ce n’est pas Marie-Clarence Bavière ni Marika Lindenbaum. C’est Rachel de Spéville dans la tenue légère d’une aguicheuse voisine (Éva). Saluons la transformation opérée sur le jeu d’acteur ; la direction du tandem Houbert-Mourgues révèle les possibilités insoupçonnées d’une comédienne qui visiblement n’a pas froid aux yeux. La direction d’acteur démontre une importance considérable dans le façonnement des comédiens. Cela se mesure évidemment sur scène Qu’on se le dise !
Revenons au jeu d’acteur. Le plus soluble dans la peau des personnages des trois pièces précitées est, sans conteste, Jean-Luc Ahnee. Après les transes du night-club et les ivresses du bar, le voici en brute épaisse au coeur tendre. Plus que le personnage jaloux-colérique, l’interprète lui-même vaut le détour. Notamment pour découvrir le nouveau caractère qu’aura revêtu ce comédien plein de ressources. Rendez-vous au dixième étage d’un immeuble dont un des appartements est reconstitué sur scène par Sabeer Bahadoor. Autrement dit au Théâtre Komiko.
Pari relevé pour Virginie Talbotier. Elle incarne la bourgeoise Florence Arnaud avec un je-ne-sais-quoi de très classe dans sa façon de s’exprimer. Une préciosité qui fera mouche en bonne société. N’est-ce pas, très chère ? Prem Sewpaul campe le mari de Florence Arnaud, un personnage assez transi, souvent en transit entre deux scènes… de ménage.
L’on retrouve aussi Alessandro Chiara avec, par moments dans l’interprétation, des bribes subsistant du personnage de Delcourt dans l’interprétation. Notons aussi une Sandrine Raghoonauth qui prend de la hauteur pour ne pas dire de l’altitude, et délaisse la Frosine de ses débuts sur les planches, avec l’incarnation d’une Marilda assez funky dans son genre. Assez sexy dans son style. Nous ne dévoilerons pas dans ces colonnes les désopilants clins d’oeil à l’actualité ni le deus ex machina suscité par Olesya Sakovich.