Il n’y a pas eu jusqu’ici de “fair coverage” des débats parlementaires relatifs à la motion de blâme du chef de file du PTr contre la Speaker. C’est l’avis des députés gouvernementaux qui, face à ce qu’ils considèrent “une version inexacte véhiculée par l’opposition”, a réuni la presse hier au NPF Building en vue d’éclairer la population sur ce qui “s’est réellement passé à l’Assemblée mardi”. Étienne Sinatambou a par ailleurs déploré “les propos obscènes et le comportement inacceptable de l’opposition, plus précisément des membres du MMM, dont Paul Bérenger.”
D’emblée le ministre de l’Environnement, qui s’est fait le porte-parole du gouvernement aux côtés du ministre des Collectivités locales, Mahen Jhugroo, et des deux secrétaires parlementaires privés, Bobby Hureeram et Kalian Tarolah, a soutenu que “le Deputy Speaker a bien fait d’expluser les membres du MMM. “ Si cela n’en tenait qu’à lui, il aurait eu cette démarche beaucoup plus tôt lors des débats, dit-il. Cela en raison “du manque de respect dont ont fait preuve les députés de l’opposition, plus particulièrement le leader du MMM, envers Sanjiv Teeluckdharry”.
“Les propos et les commentaires de Paul Bérenger à l’égard du vice-président de la Chambre sont honteux”, dit Étienne Sinatambou, qui relève qu’à plusieurs reprises, l’ex-leader de l’opposition aurait eu des propos malvenus, notamment sur la tenue vestimentaire du Deputy Speaker, qui a été poussé à bout. Il ajoute qu’il y aurait également eu, à un moment donné, des jurons proférés à l’encontre de Sanjiv Teeluckdharry.
Pour la majorité, l’opposition a eu une conduite scandaleuse et il n’y avait pas de nécessité d’émettre un avertissement avant d’expulser les membres du MMM. Etienne Sinatambou s’appuie sur les standing orders pour soutenir ses propos à l’effet que lorsqu’un député agit “in a gross disorderly manner”, le président ou le vice-président de la Chambre peut le “order out”.
Paramètres
Revenant sur la motion de blâme présentée par Shakeel Mohamed, le ministre de l’Environnement soutient qu’elle n’avait pas sa raison d’être. Car, d’une part, dit-il, il est clairement stipulé selon les paramètres établis à la suite des précédentes motions similaires, que la motion doit concerner le Speaker en fonction de sa conduite “In Chair, in the House”. D’autre part, les deux exemples cités par Shakeel Mohamed, qui accuse la Speaker de “surdité sélective” pour soutenir sa motion, n’ont, en outre d’être restreints en nombre, aucune substance, juge-t-il.
Pour les députés de la majorité, il est évident que l’opposition est venue avec cette motion de censure car elle souhaite que les travaux à l’Assemblée nationale se déroulent selon son diktat. Le ministre de l’Environnement avance que le chef de file du PTr a gaspillé le précieux temps du Parlement. “L’Honorable Mohamed a parlé durant deux heures pour ne rien dire. Deux tiers de son intervention étaient hors cadre de la motion de censure et, pour le tiers restant, il n’avait pas d’arguments valables pour prouver que la présidente de l’Assemblée nationale a agi de manière partiale.”
Il estime que le plan de l’opposition est de créer le bazar au sein du Parlement car autrement “zot pena rol”. Il dit souhaiter “un Parlement où le Speaker et le Deputy Speaker sont respectés. “ Cela à travers le respect des trois “D” qui régissent le Parlement : “décorum, discipline et dignité.”
En ce qui concerne l’actualité, Étienne Sinatambou — pour qui “le Premier ministre a donné des réponses à la hauteur des questions à l’Assemblée nationale, mardi” — est surpris que dans l’affaire Alvaro Sobrinho, “le leader de l’opposition n’ait fait aucune mention de Roshi Bhadain dans ses interventions.” Cela alors que l’ex-ministre de la Bonne gouvernance et des Services financiers a été mêlé dans cette affaire, dit-il. Il se demande s’il n’existerait pas “une entente entre Roshi Bhadain et Xavier Duval à ce propos”.