Depuis vendredi matin, avec la fin de l’interrogatoire marathon de 16 heures du leader du MSM, Pravind Jugnauth, sur l’affaire de « Gouvernman pedofil », les limiers du Central CID ont ouvert une ligne de communications avec le Director of Public Prosecution’s Office en vue de décider de la marche à suivre. À ce stade, aucune charge provisoire n’a été logée en Cour contre Pravind Jugnauth même si aux petites heures de vendredi matin, des indications étaient perceptibles en ce sens dans le camp des enquêteurs du Central CID.
Une aile aux Casernes centrales avance que le second volet des allégations du leader du MSM relève davantage de l’autorité de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) et du champ d’application de la Prevention of Corruption Act. Avec le Gagging Order émis à la demande de la femme d’affaires Nandanee Soornack depuis samedi et en vigueur jusqu’à demain matin, aucun détail à ce sujet ne peut être publié dans les colonnes des publications du groupe Le Mauricien et de La Sentinelle.
Des recoupements d’informations effectués par Le Mauricien de sources concordantes indiquent qu’après un premier round de contacts entre le QG du Central CID et le DPP’s Office, il a été convenu que la responsabilité au sujet d’un éventuel Prima Facie Case contre l’ex-vice Premier ministre et ministre des Finances n’incombe à ce stade qu’aux enquêteurs de la police sur la base des éléments versés dans le dossier à charge.
Ainsi depuis vendredi, les hommes de l’assistant commissaire de police, l’ACP Pregassen Vudamalay, épluchent en détail les 50 pages de déposition consignées par Pravind Jugnauth pour étayer toute demande en vue d’une inculpation provisoire du leader du MSM tout en évitant de solliciter des interventions « tikou-tikou » auprès du DPP’s Office à ce sujet. Ils procèdent également à des vérifications auprès des tierces parties, comme les compagnies de téléphonie mobile ou encore le Registry de la Cour suprême, des informations révélées lors de l’interrogatoire du jeudi 3 au vendredi 4 janvier.
D’autres sources avancent que sur la base de l’analyse des données en mains, le Central CID pourrait être appelé à formuler une demande formelle de Legal Advice sur la nature des délits à être retenue contre le leader du MSM. À ce stade de l’enquête, les enquêteurs évoquent deux possibilités, soit la sédition contre le gouvernement, soit la diffamation criminelle. Le DPP’s Office pourrait être sollicité sur les interprétations de la loi en ce qui concerne la sédition et l’éventualité de poursuite pénale sur la ligne tracée par les enquêteurs de la police.
Cette étape devra être franchie au cours de la semaine. Ce matin, au QG du Central CID, l’on faisait comprendre que les procédures d’enquête initiées depuis la déposition de la ministre de la Sécurité sociale Sheila Bappoo le vendredi 21 décembre, en présence de l’Attorney General Yatin Varma, suivent leurs cours et que les décisions interviendront en temps et lieu.
Des sources officieuses avancent que des détails du second volet de l’interrogatoire de Pravind Jugnauth au Central CID pourraient être soumis à l’ICAC à des fins d’enquête. Aucune information à ce sujet ne peut être divulguée dans le sillage du Gagging Order émis par le juge Bushan Domah, samedi, à la demande de Nandanee Soornack, la femme d’affaires qui s’est autopropulsée en première ligne de l’échiquier politique dans une affaire de photo prise dans un centre de dépouillement (voir détails plus loin).
En vue de justifier la possibilité du transfert de ce dossier à l’ICAC, ils avancent que les allégations formulées par le leader du MSM relèvent davantage de la Prevention of Corruption Act que d’autres textes de loi dans la conjoncture. À ce matin, aucune décision n’avait encore été prise quant à la possibilité de confier à l’ICAC une partie de cette enquête à rebondissements.