Finis les sacs en plastique à compter du 1er janvier 2016. L’heure est aux sacs écologiques. Green Bags Ltd, petite entreprise de fabrication de sacs écologiques, se forge graduellement une voie dans cette jungle de plastique qui recouvre l’île Maurice depuis bien des lustres. Visite à Bambous, au coeur de cette PME créée il y a quatre ans et qui emploie une douzaine de personnes de la localité.
« Le plastique nous fait une concurrence agressive, car il coûte beaucoup moins cher que notre produit écologique — 15 sous le sac contre Rs 10 l’unité pour le sac écologique », lance Amarjeet Beegoo, Factory Manager chez Green Bags Ltd. Le sac écologique comporte toutefois de multiples avantages et, non des moindres, sur le plastique. « Le sac écologique se dégrade et se désintègre dans la nature dans environ neuf mois tandis que le sac en plastique prend, lui, 400 ans. Il reste dans notre environnement pendant tout ce temps et cause d’innombrables torts », fait-il remarquer.
Concernant le prix, Amarjeet Beegoo explique qu’en achetant un sac écologique à Rs 10, le consommateur est encouragé à le garder et l’utiliser autant de fois que possible. Le sac en plastique à bon marché est jeté après une seule utilisation. « La majorité des consommateurs préfèrent encore le sac en plastique, mais ils sont nombreux au sein des entreprises – dont des hôtels et agences de publicité – à chercher des sacs écologiques en vue de contribuer au développement durable. C’est grâce à elles que notre petite entreprise tourne bien », ajoute notre interlocuteur. Green Bags Ltd propose le sac ainsi que l’impression des motifs selon les souhaits des clients.
S’il se dit favorable à la démarche du gouvernement visant à interdire le plastique des habitudes mauriciennes, Amarjeet Beegoo trouve, de manière générale, que les Mauriciens seront réticents à l’accepter. La meilleure alternative serait, selon lui, de réglementer l’importation des pellets HDPE que pour les besoins essentiels du pays – qu’est la fabrication des accessoires en plastique tels que les portemanteaux, les bols, les verres, entre autres. « De cette manière, on mettra un terme aux activités illégales de nombreuses personnes qui ont fait venir des machines industrielles de Taïwan et confectionnent des sacs en plastique chez eux. Ce sont eux qui inondent le marché avec de tels sacs », affirme-t-il.
Par ailleurs, le Factory Manager de Green Bags Ltd, qui est aussi un agriculteur de longue date, est d’avis que les planteurs qui utilisent le plastique pour couvrir leurs champs peuvent bien mettre à contribution le tissu dégradable. « On voit partout, surtout dans les plantations d’ananas, des agriculteurs qui utilisent du plastique noir pour protéger le sol des mauvaises herbes. Il est très difficile de se débarrasser de ce plastique, par la suite. Certains agriculteurs les brûlent, d’autres le laissent traîner dans la nature ; ce qui est néfaste à notre environnement », fait-il ressortir. Par contre, selon lui, le tissu dégradable, bien qu’il coûte plus cher, peut être utilisé à plusieurs reprises et, lorsqu’il commence à se dégrader après quelques mois, on peut le laisser dans les champs. Il devient très vite un substrat et ne cause aucun problème à la nature.
S’agissant de la proposition du ministère de l’Environnement visant à utiliser la pomme de terre comme matière première pour fabriquer des sacs écologiques, il dit espérer que cette démarche aboutisse au plus vite. « Et encore, que cette matière soit disponible à toutes les entreprises de fabrication des sacs écologiques. » Amarjeet Beegoo insiste sur le fait que « nous avons tous besoin de sacs pour transporter nos produits du supermarché. »