3 or, 12 argent et bien 9 médailles de bronze et non 8. Le compte est bon pour les haltérophiles mauriciens qui ont fait mieux que ce qui était attendu lors des Championnats d’Afrique qui ont pris fin dimanche au centre national à Vacoas. Si les médailles d’or de Roilya Ranaivosoa étaient assez prévisibles en -48 kg, les autres ont été adjugées sur un plateau plus relevé pour les uns que pour les autres. Mais au final, « l’équipe féminine s’en est bien sortie et l’organisation a été à la hauteur », retient l’entraîneur national, Ravi Bhollah.
Les quatre jours de compétition (13-16 juillet) ont été dans l’ensemble gratifiants, chaque journée rapportant sa moisson de médailles, à l’exception de la journée de samedi, où les leveurs sont repartis bredouilles, conformément aux prévisions. Mais sur l’ensemble, les représentants mauriciens ont répondu à l’appel. « Comme attendu, les filles n’ont fait que confirmer leur potentiel. Les jeunes telles Ketty Lent et Alison Sunee se sont bien distinguées. Mais dimanche chez les hommes, nous avons eu une bonne surprise avec Alvin Jooron, qui remporte deux médailles d’argent. Je crois que l’objectif a été largement atteint et même dépassé. Alvin et Alison ont fait mieux que ce qu’on attendait. Cette dernière aurait pu toucher l’or. Je crois que tout le monde s’est battu jusqu’au bout. C’est très encourageant et prometteur pour l’avenir à deux années des 10es Jeux des îles », commente l’entraîneur national.
En effet, au-delà du continent, ces Championnats d’Afrique ont donné un aperçu du niveau des autres îles de la région, à l’image de Madagascar et des Seychelles, qui seront présentes aux prochains JIOI. Les Malgaches notamment ont été très convaincants dans les petites catégories chez les hommes, soit en -56 kg et -62 kg, où les frères Éric et Alain Andriatsitohaina ont bien confirmé leur supériorité face aux Mauriciens. « Les Malgaches seront nos principaux adversaires. Ils ont d’ailleurs dominé aux deux derniers Jeux des îles. Ils ont pris une avance conséquente et si on ne fait rien, ils seront intouchables dans ces deux catégories. Il nous faut dégager un plan de travail pour les deux années à venir afin de combler l’écart et être à même de rivaliser. Autrement, il sera très difficile de les défier. En féminin, Ketty Lent a dominé la Malgache en -58 kg, alors qu’Alison Sunee a dominé la Seychelloise en -75 kg. Mais l’objectif en 2019 sera bien de remporter une trentaine de médailles d’or à Maurice. »
Pour en revenir à l’aspect continental purement, « il est certain qu’il nous reste un gros travail à abattre face aux nations phares. Il ne faut surtout pas oublier que l’Égypte, par exemple, n’était pas présente dans toutes les catégories et l’absence du Cameroun a été très ressentie. Il faut travailler dès 2018 et hâter notre préparation en vue des Jeux des îles et des JO de Tokyo 2020. Si nous voulons continuer à remporter des médailles aux Championnats d’Afrique, il faut que nous arrivions au niveau de ces deux pays », indique Ravi Bhollah.
Et quid des déceptions ? « Notre seule déception a été Anthony Madanamootoo, qui a raté son concours. Pourtant, il était en très bonne forme avant les championnats. Il rate deux essais à l’arraché et ses trois essais à l’épaulé-jeté. Ce sont des choses qui arrivent. Il aura l’occasion de se rattraper aux Championnats d’Afrique juniors en octobre en Ouganda et aux Championnats du Commonwealth Jeunes et juniors en septembre. Reste à savoir s’il pourra y participer en raison de ses examens de HSC prévus vers la même période. Mais il lui restera encore deux ans chez les juniors avant de passer chez les seniors. »