Roilya Ranaivosoa espère être en mode mission, elle qui cherche sa qualification pour les JO de Tokyo 2020
  • Le président de la MAWPA s’en défend, arguant que « pour cette compétition, il faut aussi donner la chance à ceux qui montent pour acquérir de l’expérience. »

Ça s’en va et ça revient…est le titre d’une chanson populaire de Claude François. C’est aussi le tube phare de la Mauritius Weightlifters & Powerlifters Association (MAWPA) qui fait face encore à un énième problème. Ce n’est un secret pour personne que les conflits sont légions entre certains leveurs de fonte et la fédération. Si la MAWPA attend la confirmation cette semaine quant au déplacement de quelques haltérophiles en vue des Championnats d’Afrique Zone Sud (3) qui se tiendront à Madagascar, des grincements de dents se sont faits entendre du côté des athlètes, notamment de la part d’un médaillé d’or aux derniers Jeux des îles de l’Océan Indien (JIOI).

Car, il n’y a actuellement plus de directeur technique national (DTN), le dernier en date, le Roumain Constantin Dabija, ayant fait ses valises depuis un moment. L’entraîneur national, Ravi Bhollah, est lui toujours fidèle à son poste, au même titre que son assistant, Gino Soupprayen. Pour le contestataire, médaillé d’or, il ne comprend toujours pas « comment mon nom ne figure pas dans la liste. Plus important encore, je me demande sur quels critères les athlètes ont été sélectionnés ? », explique notre interlocuteur. Car lui s’estime lésé, accusant la fédération de l’oublier pour des compétitions dites ‘continentales’. « Je suis un athlète continental qui a fait mes preuves. Je ne réclame la place de personne ; je veux juste comprendre certaines choses qui pour moi, relève de l’inadmissible. Lors des Championnats d’Afrique seniors en avril dernier, la MAWPA avait décidé d’envoyer un athlète de la catégorie youth à ma place. Je dois à chaque fois me dresser contre la fédération pour faire valoir mes droits. Mais en ce qu’il s’agit des compétitions ou la fédération a la responsabilité de choisir les meilleurs, je n’en fais pas partie. Ou est le souci ? Dois-je fermer ma bouche ? Ce n’est pas normal. Il ne faut pas que la fédération oublie que je demeure un athlète performant ayant ramené des médailles et qui défend le quadricolore avec honneur », s’indigne le principal concerné.

Du côté de la fédération, son président Magarajen Moonien, a lui une toute autre version. « Le comité technique est composé de l’entraîneur national, Ravi Bhollah, de l’assistant entraîneur Gino Soupprayen et de trois membres de la fédération. Je ne suis pas le décideur. Mais en ce qu’il s’agit des Championnats d’Afrique Zone Sud à Madagascar, il faut aussi donner la chance à ceux qui montent pour acquérir de l’expérience. Si ce sont toujours les mêmes qui effectuent les déplacements, comment les autres progresseront ? Vous savez, nous avons toujours fonctionné ainsi. Dans le passé par exemple, Ketty Lent, avant qu’elle ait ce niveau, avait dû s’aguerrir dans des compétitions à l’extérieur. Je ne comprends pas pourquoi, à chaque fois qu’il y a un déplacement, certains haltérophiles se plaignent. Vous savez, nous avons un budget à respecter, et, malheureusement nous ne pouvons satisfaire les désirs des uns et des autres. Ce n’est pas une question de préférence ou quoi que ce soit. », précise l’homme fort de l’haltérophilie local.

Pour rappel, la compétition à Madagascar représente une belle occasion pour la meilleure leveuse de fonte mauricienne, Roilya Ranaivosoa, de récolter des points en vue d’une éventuelle qualification olympique pour Tokyo l’an prochain. Maurice sera également représenté par Anthony Madanamoo thoo, Doushka Gopaloodoo et la Rodriguaise Joycemee Agathe, tous trois médaillés aux derniers JIOI. Toutefois, dans cette délégation, seul Ranaivosoa et Madanamoothoo étaient montés sur la plus haute marche du podium dans leurs catégories respectives. Gopaloodoo avait pour sa part décroché trois médailles de bronze en -64 kg. Agathe avait glané trois médailles d’argent en -87 kg. La sélection sera accompagnée de Ravi Bhollah à Antananarivo, dans la capitale de la Grande île. « Cette compétition est considérée comme un ‘Silver qualifying event pour les JO de Tokyo 2020 », avoue le président. Cet évènement relevé accueillera 13 pays, dont l’Afrique du Sud, l’Egypte, le Botswana, le Lesotho et le Swaziland entre autres. Les yeux sont toutefois rivés sur Roilya Ranaivosoa qui multiplie les compétitions pour décrocher son ticket pour le pays du Soleil Levant.

Seule médaillée de la délégation mauricienne aux derniers Jeux du Commonwealth à Gold Coast, médaillée d’argent, elle devra cravacher dur pour se rapprocher de son objectif. Triple médaillée d’argent aux Championnats d’Afrique au Caire, triple médaillée d’or aux JIOI puis aux Jeux d’Afrique au Maroc, notre dame de fer nationale avait pris part aux Mondiaux à Pattaya, (Thaïlande) qui n’avait pas été une franche réussite. Toutefois, elle compte bien garder le cap. Après Madagascar, Roilya Ranaivosoa pourrait bien enchaîner avec la Qatar International Cup en décembre. « Nous avons également reçu une invitation pour participer au Qatar International Cup, aussi qualificative pour les JO. Roilya sera définitivement de la partie, et nous tenterons d’inclure d’autres athlètes », a-t-il conclu.