Inactif depuis le début du mois de mai en raison d’une rupture du tendon du genou droit, contracté avant son départ pour les Championnats d’Afrique d’Haltérophilie au Cameroun, Cédric Coret panse actuellement ses plaies. Pourtant, le leveur de fonte crie haut et fort son malaise, lui qui s’estime lésé par les autorités concernées. Le numéro 1 de la catégorie des -77 kg, qui faisait il n’y a pas si longtemps résonner très haut le ‘Motherland’ vit désormais un véritable calvaire…
Rencontré à son domicile à Forest-Side en compagnie des membres de sa famille (sa soeur Joëlle et sa maman Florène), Cédric Coret a décidé de sortir de son silence et de s’exprimer. « Je suis perdu. J’estime en tant qu’athlète de haut niveau, ayant défendu avec brio les couleurs de mon pays, j’ai le droit de bénéficier de soutiens adéquats après cette grave blessure. Ce n’est toutefois pas le cas », a-t-il expliqué. Pour rappel, l’haltérophile, qui avait réalisé les minimas pour les Championnats d’Afrique (6-14 mai), avait été contraint de déclarer forfait à la dernière minute, victime à l’entraînement d’une déchirure du tendon du genou droit le mercredi 4 mai. Il avait d’ailleurs été admis d’urgence le même jour à l’hopital de Candos et opéré d’urgence le lendemain.
« N’importe quel athlète peut se blesser avant une grande échéance. C’est le risque du métier. Mais pour ma part, elle aurait pu être évitée. En effet, depuis le début de janvier, la fédération avait fait part que les Championnats d’Afrique demeuraient la priorité du calendrier cette année. Mais rien n’était fait pour nous mettre dans les meilleures conditions. Étant un sportif ambitieux, qui avait envie de bien faire, je suis allé voir le président Poorun Bhollah pour lui faire part que je me rendrai en Roumanie, à mes propres frais, pour travailler avec le Directeur Technique National (DTN), Urdas Constantin », a-t-il expliqué. « J’ai dû écourter ma préparation car je devais revenir pour prendre part à une épreuve de sélection face à Jonathan Coret. Initialement, ma préparation en Roumanie avait débuté le 5 mars et devait prendre fin le 30 avril », a-t-il ajouté.
Il a poursuivi, « Les minimas acquis, je devais continuer à me garder en condition avant mon départ. Mais il y avait toujours des obstacles pour m’empêcher d’atteindre mes objectifs. L’équipe élite devait s’entraîner de 18h à 20h. Mais, à chaque fois, on me faisait savoir que les portes devaient parfois se fermer à 19h ou 19h30. Comment puis-je m’améliorer dans de telles conditions ?  Dans ces moments-là, c’est le moral qui en prend pour son grade. Tous ces facteurs contribuent au désarroi d’un athlète qui n’est pas bien au niveau psychologique. Ce fut mon cas ». Aujourd’hui alité, le triple médaillé d’or des Jeux des Îles de l’Océan Indien (JIOI) réclame justice. « Il n’y a pas de masseur ni de physiothérapeute, pas un truc à manger après les entraînements, ce qui demeure le b.a.-ba pour réussir au plus haut niveau. Je souhaite que la fédération et le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) fassent tout son possible pour me remettre sur pied et qu’il y ait un suivi médical car je ne peux pas travailler ou faire quoi que ce soit, » a expliqué ce sportif qui officie au sein de la Special Mobile Force (SMF). Sa soeur Joëlle a d’ailleurs fait ressortir que son jeune frère avait besoin d’un soutien psychologique pour surmonter cette épreuve.