Grande Rivière Nord Ouest a toujours été une escale utile pour maints visiteurs de passage, dont des marins hollandais et anglais écumant les océans. Ces visiteurs s’approvisionnaient en eau potable qu’ils pouvaient stocker à bord avant de reprendre la route. Sous l’occupation française, le gouverneur Bertrand François Mahé de La Bourdonnais fit construire un aquéduc pour acheminer l’eau de la Grande Rivière Nord Ouest jusqu’à la rade de Port-Louis, l’Hôtel du Gouvernement, et utilisée par les habitants de la ville. Les travaux sur l’aquéduc connu comme “Canal La Bourdonnais” ont commencé le 15 novembre 1738. Et dès les premières décennies de l’occupation française, les bords de la rivière étaient bondés d’une multitude de lavandières qui venaient blanchir des montagnes de vêtements. Cette scène pittoresque s’est inscrite dans le quotidien durant toute l’occupation française et quelques bonnes décennies de l’occupation britannique. “La Grande-Rivière est l’endroit où s’est toujours faite la lessive de Port-Louis.” (1)
Durant des décennies et des générations, la Grande Rivière Nord Ouest a été en quelque sorte la machine à laver de Port-Louis et du village s’étendant sur ses rives. Les riverains de Grande Rivière Nord Ouest étaient eux-mêmes de riches propriétaires qui avaient de nombreuses lavandières à leur service, et le lieu où ils avaient leurs belles demeures à l’époque (avant les épidémies qui ont décimé Port-Louis et fait fuir ces notables) équivaut aujourd’hui au quartier résidentiel chic qu’est Floréal. Un visiteur passant à Grande Rivière Nord Ouest dans les années 1840 a noté que “many persons of opulence reside in this district (Grand River North West), which, being several hundred feet above the level of the sea, is much cooler than the town.” (2) Une des plus belles villas balisant la rivière appartenait au sieur Benjamin Roussel, dont le nom a été donné au pont enjambant le ruisseau Saint Louis, sur la route Royale.