Le ministre de la Santé, Lormus Bundhoo, a annoncé que les findings du comité présidé par le Dr Isabelle sur le cas des quatre patients de l’hôpital de Moka ayant perdu l’usage d’un oeil après des injections d’Avastin devront être soumis au mois d’août. C’était en réponse à une interpellation du député du MMM Kavi Ramano, lors du Question Time d’hier.
Lormus Bundhoo a confirmé que dans deux des cas, les dégâts sont irrémédiables et a donné l’assurance que le traitement prodigué à l’hôpital Bharati de Moka est le même que celui en vigueur à l’hôpital de Chennai. Il s’est appesanti sur le fait que de 2008 à ce jour, quelque 4 000 injections d’Avastin ont été administrées sans aucun problème jusqu’aux quatre cas de la séance du 22 mai dernier. Ce jour-là, 28 patients avaient été traités de la même façon à l’hôpital des Yeux de Moka.
Le ministre de la Santé a fait comprendre à la Chambre que les injections d’Avastin sont proposées aux patients de l’hôpital sur la base d’un protocole bien établi. « It is known that this treatment is associated with certain risks and therefore patients are informed about these risks and are required to sign a special consent form for this treatment », a-t-il ajouté. Il a retracé la chronologie des événements avec le batch de 28 patients traité le 22 mai dernier et quatre d’entre eux souffrant de graves douleurs et de « blurred vision » entre le 23 et le 25 mai.
« Ces quatre patients furent admis pour des traitements sur le champ. Les autres 24 furent convoqués le 27 pour une évaluation. Aucune complication ne fut relevée. Dans les quatre cas, une infection et une inflammation sévères furent diagnostiquées. Ils subirent également des interventions chirurgicales aux termes du protocole. Mais aucune amélioration ne fut notée dans leurs cas. Les patients furent transférés au Sankara Nethralay Hospital à Chennai pour d’autres investigations », ajoute le ministre.
Suite à une enquête préliminaire sur cette affaire, la décision de mettre sur pied un comité d’enquête indépendant fut prise. Le président en est le Dr Isabelle avec pour membres les Drs Gaya et Lana, du privé, la Dr Aboobakar, Regional Public Health Superintendent et H. Sewraj, ancien directeur de Nursing. Les conclusions de cette enquête sont prévues pour le mois prochain avec Lormus Bundhoo soutenant que « appropriate actions will be taken in the light of the findings and recommendations ».
Par la suite, le ministre de la Santé fut soumis à un feu roulant d’interpellations supplémentaires des députés de l’opposition.
Ramano : Il y a des allégations que les injections ont été administrées par le médecin traitant. Qu’en est-il exactement ?
Bundhoo : Je ne dirai pas le médecin traitant mais un médecin spécialiste.
Le ministre répondra à Maya Hanoomanjee que les quatre patients affectés ont reçu à Maurice le même traitement qu’ils auraient reçu s’ils avaient été transférés à Chennai après la détection du problème. « They were sent to India for further investigation », a-t-il ajouté.
Hanoomanjee : Dans deux des cas, les patients ont dû encourir eux-mêmes tous les frais lors de leur séjour à Chennai. Pourquoi cette différence dans le traitement ?
Bundhoo : Je voudrais souligner que le traitement reçu à Maurice est le même que celui de Chennai. Deux des patients se qualifiaient sous les critères pour le financement des fonds publics. Quand j’ai appris cette affaire, je suis intervenu pour que tous les quatre bénéficient du même traitement financier sur une base humanitaire. Lundi même, j’ai approuvé les documents pour le troisième cas et j’attends pour le quatrième.
Ganoo : Le ministre peut-il confirmer que l’Avastin est interdit dans certains pays ?
Bundhoo : L’Avastin est manufacturé pour une raison spécifique. Ce médicament peut être interdit dans certains pays. But it is used for eye treatment in many countries, namely in Pakistan and England. Pas plus tard que le 8 juillet, la France a autorisé l’usage de l’Avastin.
Le leader de l’opposition est également intervenu pour réclamer des informations sur l’état de santé des quatre patients affectés. Le ministre a fait comprendre à Veda Baloomoody qu’à aucun moment, les autorités ont refusé de divulguer le nom du médecin concerné aux parents des malades.
Hanoomanjee : Le ministre n’a pas assuré le suivi de cette affaire comme il faut sinon comment expliquer que deux des patients ont dû encourir les frais de traitements en Inde. He has failed in his duty ?
Bundhoo : The question of failure does not arise. Je suis intervenu personnellement pour régulariser le paiement par le gouvernement. Il y a une enquête qui a été instituée à la demande du Premier ministre. Je n’ai aucune intention de m’engager dans de la Dirty politics dans cette affaire.
Dans la dernière partie des échanges, le député Satish Boolell a évoqué les risques d’infection lors que les trente doses ont été réparties en groupe de dix. Le ministre a confirmé que l’enquête menée par le Dr Isabelle recueillera les témoignages des spécialistes de Chennai sur le problème en faisant ressortir que pas moins de 500 patients sont actuellement dans l‘attente de traitement d’injections à base d’Avastin. Il a conclu les échanges en affirmant que « This is a delicate issue ! Had we not used Avastin, the other option would have cost 50 times more ».