Le directeur de Tuna Tex Ltd, Megalingum Velu, un expatrié indien, a été arrêté par l’ICAC jeudi dans le sillage d’une enquête initiée sur le recrutement d’ouvriers étrangers.

Il fait l’objet de 79 charges provisoires de blanchiment d’argent. Il y a plusieurs semaines, les enquêteurs avaient en effet appris que le suspect faisait venir des travailleurs étrangers pour le compte de plusieurs clients et qu’il aurait empoché de grosses sommes d’argent sur ces transactions, alors que les ouvriers sont souvent exploités sur leur lieu de travail. En outre, si l’enquête de l’équipe de Navin Beekarry se limite à l’aspect du blanchiment d’argent, il n’est pas exclu que la police soit appelée à enquêter sur un possible trafic humain.

La commission a appris que le suspect est arrivé à Maurice en 2007 et qu’il travaillait dans une usine, où il percevait un salaire mensuel de Rs 10 489. Mais sur la base d’une lettre anonyme ayant atterri au Reduit Triangle, les enquêteurs ont appris que le suspect mène « la belle vie » avec un tel salaire. De plus,  Megalingum Velu effectue souvent des voyages vers l’Inde et le Bangladesh pour recruter des ouvriers.

Depuis novembre 2015, l’ICAC a donc commencé à éplucher les comptes bancaires du suspect et s’est rendue compte que ce dernier avait effectué de grosses transactions. Sans compter qu’il avait épousé une Mauricienne quelques mois seulement après son arrivée dans l’île, et ce en infraction avec les conditions attachées à son permis de travail. Par ailleurs, en ouvrant Tuna Tex Ltd, l’expatrié indien n’avait pas jugé bon d’attendre son permis d’opération du ministère du Travail.

Plusieurs plaintes concernant cette compagnie ont été depuis enregistrées à la Victoria House. Des victimes avancent ainsi avoir donné de l’argent à Megalingum Velu pour faire venir leur famille à Maurice. Mais une fois l’argent empoché, ce dernier, disent-elles, « n’effectuait aucune démarche, utilisant cet argent plutôt pour se divertir ». Le suspect a d’ailleurs effectué 14 voyages, soit en Inde, à Dubayy et en Malaisie, entre 2009 et 2015.

Interrogé une première fois, le ressortissant indien avait nié en bloc les accusations portées contre lui. L’ICAC a alors sollicité le bureau du Directeur des poursuites publiques, lequel a recommandé que 79 charges de blanchiment d’argent soient logées contre lui. Ces dernières s’établissent comme suit : 17 charges pour un montant total de Rs 386 000 pour l’achat d’une voiture; 11 charges pour un montant total de Rs 401 255 versées sur son compte à la SBM; cinq charges représentant une somme de Rs 287 000 versée sur son compte à la MCB; 15 charges pour un montant total de Rs 399 000 déposé à la MauBank; 14 charges pour un montant de Rs 717 000 versé à la SBI, 11 charges pour la somme de Rs 938 000 versée sur le compte de Tuna Tex; trois autres pour l’achat de USD 5 350; et les trois dernières pour des transferts d’argent pour un total de Rs 77 834 à son partenaire de Tuna Tex Ltd.