La famille Ramdenee estime avoir été arnaquée par un ressortissant et homme d’affaires français engagé dans l’immobilier dans le cadre de la construction de villas Real Estate Scheme, sous le projet Alamanda Garden, et qui n’a jamais vu le jour. La famille attend toujours que lui soit versée une somme importante pour la vente de leur terrain de 23 arpents situé à Pointe-aux-Piments. Elle a porté plainte contre le ressortissant français au CCID. Le suspect a été arrêté à l’aéroport en début de semaine.
Vishan et Oodith Ramdenee sont venus relater leur calvaire au Mauricien. Les faits remontent à août 2010, où la famille Ramdenee, à travers la société OP Randenee (SOPR) – dont les actionnaires sont les trois enfants de M. et Mme Oodith Ramdenee : Jaisen et Vishan Ramdenee et Reena Hurkoo –, a conclu un accord avec Terzino Criséo, un ressortissant français qui s’est présenté comme un homme comptant plus de 25 ans dans l’immobilier, à travers sa société incorporée localement, Country Home Ltd., pour développer un projet de villas RES à Pointe-aux-Piments, sur un terrain de 23 arpents appartenant aux Ramdenee. Le projet devait comprendre 188 villas et 152 appartements ainsi que des duplex, des penthouses et des parkings. Le projet – ayant pour nom « Alamanda Garden » – devait être développé par la compagnie RES Société Immobilière de Pointe-aux-Piments (SIPP), qui devait être gérée exclusivement par Terzino Criséo et sa société Country Home Ltd. L’accord aurait été signé en tenant compte du fait que la famille Ramdenee n’aurait aucun « droit de regard » sur la gestion de la compagnie RES. Une somme de Rs 80 M comme dépôt avait été payée à la famille lors de la signature de l’accord pour la vente du terrain, et le reste de la somme (Rs 156 M) au plus tard le 16 décembre 2012. Ce qui n’a pas été effectué, selon les Ramdenee. En 2011, le projet voit arriver des investisseurs potentiels chinois et, en ce sens, le terrain des Ramdenee a été transféré sous le nom de la Société Immobilière de Pointe-aux-Piments. Mais le projet n’a jamais démarré – si ce n’est l’achèvement d’une maison témoin et d’un sales office sur le site.
Juste à côté du terrain de 23 arpents se trouve un autre terrain d’une superficie de 22 arpents appartenant aux parents des Ramdenee. Il avait été décidé que ce terrain soit utilisé pour développer la phase 2 du projet de villas. Cependant, avec le temps, la famille s’est aperçue que la phase 1 (le premier terrain) ne progressait pas du tout, ce qui leur a fait avoir de sérieux doutes quant à la viabilité de la suite du projet. Les membres de cette famille ont par la suite découvert que le ressortissant français aurait hypothéqué le premier terrain en vue d’obtenir un crédit bancaire (Rs 90 M) pour financer la construction des villas RES sous le projet Alamanda Garden. Vishan Ramdenee soutient que la somme d’argent aurait été utilisée, contrairement aux termes des conditions du crédit bancaire, et qu’aucun progrès n’est constaté sur le site. Selon la famille, à la demande de la société OP Randenee (SOPR), le français et la Société Immobilière de Pointe-aux-Piments n’ont pu fournir les explications et justifications nécessaires au sujet de l’utilisation du crédit octroyé par la banque. De nombreuses tentatives ont été faites pour résoudre le problème à l’amiable, mais en vain, affirme Vishan Ramdenee. La famille a également eu recours à la justice. Au vu du flou ayant persisté pendant plusieurs mois, la famille a consigné une déposition au CCID à l’encontre du ressortissant français pour escroquerie la semaine dernière. Terzino Criséo aurait été arrêté à l’aéroport lundi dernier.
A ce stade, le fait est que la somme restante n’a toujours pas été payée pour le premier terrain. Vishen et Oodth Ramdenee craignent que le terrain soit saisi par la banque si le ressortissant français n’arrive pas à honorer ses dettes. D’autant que les opérations des trois sociétés de la famille Ramdenee – à savoir TRIO Development Ltd, Triomix LTD & TRIO Meshco Ltd (TRIO) – sont basées sur le terrain de Pointe-aux-Piments (il avait été prévu que la concasseuse de Trio Development Ltd soit délocalisée à Fond-du-Sac en vue de permettre la construction des villas RES). La famille craint dès lors que l’ensemble de leurs activités soient pénalisées si la banque devait saisir le terrain, ce qui mettrait du coup en danger l’emploi de quelque 200 employés, expliquent les membres de cette famille.