Poursuivie pour importation de 600.11 grammes d’héroïne d’une valeur marchande de Rs 9 millions, Marthe Agnès Althene Andrianamahatiana (29 ans), une ménagère malgache de Majunga, a écopé de 10 ans de prison. La sentence a été prononcée hier par le juge Benjamin Marie Joseph. Ce dernier a pris en compte le fait que la ressortissante malgache avait agi sous la terreur et aussi parce qu’elle était enceinte et avait des problèmes financiers. Toutefois, le juge a tenu à souligner qu’elle a commis un délit grave et que ce n’est pas la première fois qu’elle a importé de la drogue à Maurice.
Marthe Agnès Althene Andrianamahatiana avait plaidé coupable d’une accusation d’importation de drogue devant les Assises. Elle fut appréhendée le 18 juillet 2012 à l’aéroport SSR avec 600.11 grammes d’héroïne. Au vu de son comportement suspect et agissant sur la base d’informations, des limiers de l’ADSU, en collaboration avec des officiers de la douane, devaient soumettre cette passagère à une fouille de ses bagages. En effet, l’héroïne avait été dissimulée dans trois contenants de produits de beauté et de shampooing. La drogue avait été placée dans des colis en plastique longiligne en vue de faciliter la récupération à la livraison. Par la suite, Marthe Agnès Althene Andrianamahatiana avait été soumise à un premier exercice d’interrogatoire dans les locaux de l’ADSU quant à la provenance de la drogue ou encore concernant le contact local. Cette dernière avait avoué avoir transporté la drogue à Maurice et qu’elle n’était pas à son premier coup. Elle avait admis qu’en 2012 elle avait réussi à faire passer la drogue. Racontant les raisons de ces actes, la Malgache devait indiquer qu’elle l’avait fait sous la menace mais aussi parce qu’elle avait des enfants à élever et qu’elle avait des problèmes de finances. Après l’interrogatoire, un exercice de livraison surveillé avait été monté par la police dans un complexe de vacances de Flic-en-Flac. Une Mauricienne s’était présentée au rendez-vous comme convenu lors des échanges téléphoniques afin de récupérer les trois colis d’héroïne. Cette Mauricienne, qui n’était pas fichée à l’ADSU, avait été appréhendée en flagrant délit. Dans son arrêt, le juge a fait état de la situation financière et familiale de la Malgache. Il a aussi indiqué que celle-ci a présenté ses excuses en cour et qu’elle a coopéré avec la police afin de l’aider à arrêter deux contacts locaux. Par ailleurs, la passeuse a donné naissance à une fille en prison et elle doit subvenir à ses besoins. Le juge a toutefois rappelé que cette dernière fait face à une grave accusation et qu’elle n’était pas à sa première tentative. Une peine de 10 ans de prison lui a ainsi été infligée en plus d’une amende de Rs 50 000. Les 1 133 jours passés en détention seront déduits de sa sentence. Elle était défendue par Me Tawheen Choomka. La poursuite était représentée par Me Anusha Devi Rawoah.