Dans un message à l’occasion de la fête nationale, le Conseil des religions souhaite que la population accorde une importance à la notion de citoyenneté dans la vie quotidienne. Il invite aussi tous les Mauriciens indistinctement « à faire de l’appartenance à la nation mauricienne une priorité tout en gardant nos identités religieuses ou ethniques », ce qui « va de pair avec le respect du bien commun de notre société », ajoute à ce sujet le père Philippe Goupille, président du Conseil des Religions.

« Nous devrions tirer des leçons du passé et mettre tout en oeuvre pour que les évènements douloureux des bagarres raciales de 1968 et de 1999 ne se renouvellent jamais. Pour cela, nous faisons un appel à nos frères et soeurs mauriciens en les invitant à s’ouvrir de plus en plus à la connaissance mutuelle et spécialement au dialogue entre les religions et les cultures. C’est le meilleur chemin pour exorciser la peur qui, parfois, nous habite devant la différence », dit le père Goupille.

Le Conseil de Religions demande aussi à la population de « prendre au sérieux » les problèmes de violence dans la société, « et spécialement au sein de la jeunesse ». A ce sujet, il invite tout un chacun à « écouter et comprendre les causes de cette violence latente » . Et de demander : « Faut-il réajuster nos méthodes d’enseignement traditionnel pour rencontrer les aspirations de la jeunesse à l’heure des réseaux sociaux ? Si oui, que nous ayons tous ensemble le courage de le faire. »

Le père Goupille fait deux autres suggestions pouvant démontrer d’une manière concrète cette appartenance à la nation mauricienne : d’une part, en témoignant une plus grande solidarité envers les pauvres et les exclus et, de l’autre, en respectant le principe de méritocratie dans nos décisions. Voici l’appel du président du Conseil des Religions dans cette direction : « Sortir de notre zone de confort pour exercer plus de compassion envers les pauvres et les exclus. Prendre conscience de la souffrance de ceux et celles qui perdent leur emploi et exercer envers eux le plus de solidarité possible. Apprendre à partager avec les pauvres et à donner généreusement. Examiner constamment notre conscience pour voir si nous respectons la méritocratie dans nos décisions et si nous ne cédons pas au virus de la corruption et de la malhonnêteté pour préserver nos intérêts personnels. Nous sommes convaincus que ces souhaits reflètent ce qu’il y a de plus profond dans le coeur de chaque Mauricien. »

Les membres du Conseil des Religions adressent leurs meilleurs voeux à tous les citoyens mauriciens. « Si nous sommes croyants, nous avons le devoir de remercier Dieu pour nous avoir permis de vivre en paix et dans l’harmonie sociale depuis 51 ans », termine Philippe Goupille.