La Mauritius Export Association (MEXA) a donné, hier soir à la Cyber Tower-1 à Ébène, le coup d’envoi des célébrations marquant les quatre décennies d’opération de l’industrie du textile et de l’habillement à Maurice. Un secteur qui a été au centre du développement socio-économique du pays et qui n’est pas prêt de disparaître, devait soutenir Hemraj Ramnial, président de l’association, dans son allocution. Les progrès de cette industrie découlent aussi des facilités et mesures incitatives accordées par l’État qui, a assuré du ministre de l’Industrie et du Commerce Cader Sayed-Hossen, continuera à soutenir cet important pilier de l’économie nationale.
Devant un parterre composé de plusieurs opérateurs économiques et représentants d’institutions de soutien, le président de la MEXA a d’emblée souligné que l’industrie du textile et de l’habillement a beaucoup contribué à la prospérité du pays et au relèvement du niveau de vie de bon nombre de Mauriciens. « We all owe our living to this sector, “ce mal-aimé”, et tant décrié », a déclaré Hemraj Ramnial. Du banquier à l’assureur en passant par le petit vendeur ou gérant de boutiques, tous ont été, d’une façon ou d’une autre, associés au développement du secteur. « The free zone contributed to the emancipation of women and impacted on the family life, gave rise to the right of the workers and the growing number of trade unions », a poursuivi le président de la MEXA.
Selon Hemraj Ramnial, le secteur du textile et de l’habillement a fait preuve au fil des années d’une grande résilience, et ce malgré les nombreux obstacles et les cas multiples de fermeture d’usine comme celle employant environ 500 employés dans le sud du pays et dont l’arrêt d’opération a été immédiatement ressenti par l’ensemble de la population du village où elle opérait.
C’est pour rendre hommage à tous ceux qui ont façonné l’industrie du textile et de l’habillement depuis le début des années 70 que la MEXA a décidé de célébrer les 40 années d’opération de ce secteur. Hemraj Ramnial a tenu à saluer la vision de sir Seewoosagur Ramgoolam, du Professeur Lim Fat et de José Poncini qui ont créé la zone franche et placé Maurice sur la voie de l’industrialisation. Il a aussi évoqué la passion, le courage et l’audace de nombre d’industriels qui ont investi dans le secteur ainsi que les « thousands of men and women who worked so hard behind the machines to bring prosperity to our country from 700 US dollar in 1972 to 14,000 US dollar in 2012 ».
« Fully supportive »
Cader Sayed-Hossen a mis en exergue la contribution de l’industrie du textile et de l’habillement au progrès socio-économique du pays, faisant remarquer que ce secteur a bâti son succès petit à petit, et ce, en partant de zéro contrairement à l’industrie sucrière qui avait derrière elle trois siècles d’histoire. L’État, a observé le ministre de l’Industrie et du Commerce, a été « fully supportive » à ce secteur et a mis en place toute une série de mesures d’encadrement : loi du travail appropriée, incitations fiscales, infrastructures au port et à l’aéroport, fonds conséquents pour la promotion, plans de soutien aux entrepreneurs, en particulier les PME, efforts soutenus au niveau de la diplomatie économique pour obtenir des accords favorables (avec l’Union européenne à travers les accords de Lomé, puis de Cotonou et ensuite l’Economic Partnership Agreement, et avec les États-Unis, l’Africa Growth and Opportunity Act).
Cader Sayed-Hossen est affirmatif : « L’État continuera à apporter son soutien au secteur du textile et de l’habillement » non seulement en tant qu’industrie génératrice d’emplois mais aussi pour son importance en tant que source de revenus à l’exportation et son rôle au niveau de l’« empowerment » des femmes et des petits entrepreneurs.
Passant en revue les principaux faits marquant dans le développement de l’industrie du textile et de l’habillement à Maurice, la directrice de la MEXA Danielle Wong a rappelé que c’est l’usine de fabrication de gants textiles dirigée par M. Tang qui a été la première à démarrer ses activités dans ce secteur en juillet 1970 alors que la première unité de confection de vêtements a été celle de Floréal Knitwear Ltd en septembre 1971. Il y a eu ensuite l’arrivée de plusieurs groupes textiles hongkongais avant que l’industrie ne connaisse un boom.
Toutefois, le secteur du textile et de l’habillement perd dans les années 90 sa compétitivité, incitant des industriels à se tourner vers des pays à faibles coûts de production comme Madagascar. Le spectre du démantèlement de l’accord Multifibre et la fermeture des entreprises hongkongaises au début des années 2000 assombrissent encore plus la situation. Des plans de restructuration des entreprises sont introduits, apportant un ballon d’oxygène à l’industrie. Les exportations annuelles ont progressé pour approcher aujourd’hui la barre des Rs 30 milliards.