Bien qu’elle ait elle-même identifié une probabilité d’aggravation de la congestion routière et des dangers auxquels les piétons seront exposés à La Louise, Quatre-Bornes, la Traffic Management and Road Safety Unit (TMRSU) a donné son aval à l’entrée en opération de l’Intermart Express aménagé dans les anciens locaux du cinéma BDC. Faisant ainsi sauter le dernier verrou qui empêchait la municipalité de Quatre-Bornes de délivrer un permis de développement pour ce projet controversé.
Craignant justement une aggravation du problème de la congestion routière et pour la sécurité des piétons à ce point névralgique de La Louise, le Permits and Business Monitoring Committee (PBMC) de la municipalité de Quatre-Bornes (MQB) a approuvé, le 9 octobre dernier, l’octroi d’un permis de développement (Building and Land Permit – BLP) pour un parking desservant l’Intermart Express situé dans les anciens locaux du cinéma BDC, mais sujet à pas moins de 13 conditions (voir encadré). La première étant que les promoteurs devraient au préalable avoir le clearance de la TMRSU.
Dans une lettre en date du 1er novembre dernier, la TMRSU informe la MQB qu’elle a approuvé le projet de parking, faisant ainsi sauter les toutes dernières résistances de la mairie contre ce projet de conversion de l’ancien bâtiment du cinéma BDC en un Intermart Express. Toutes les autres conditions de la MQB ont été respectées.
Tout en signifiant sont approbation à ce projet, la TMRSU attire l’attention sur les « faits troublants » suivants.
D’abord, dit-elle, la création d’un chemin de sortie du parking (jouxtant l’Intermart Express) sur la Route St Jean « will create conflict with pedestrian movement ».
Deuxièmement, le stationnement le long de la rue Stevenson ne sera pas autorisé car cela va davantage réduire la capacité de cette importante rue latérale pour le mouvement du trafic « thus resulting in traffic congestion ». En outre, poursuit la TMRSU, le stationnement de véhicules le long de la rue Stevenson va susciter de vives protestations de la part des résidents « as parked vehicles may obstruct safe access to their private premises ».
Troisièmement, l’Intermart Express va encourager les piétons à traverser « the busy St Jean Road ». « Crossing pedestrians (passengers, alighting from the opposite bus stop) may be at risk as no safe crossing facilities exist there ». La MTRSU vient ainsi confirmer les craintes de la mairie.
Quatrièmement, les panneaux de signalisation ne sont pas aux normes et l’installation de tels panneaux doit se faire sous la supervision de la TMRSU. « Traffic signs indicating location of parking for road users should be fixed on Stevenson and St Jean Road ».
Et en dernier, la TMRSU ne permet pas le marquage de “yellow box” à la sortie du parking, car cela va manifestement ralentir la circulation routière.
Mais même si elle identifie une exacerbation plus que probable du problème de congestion routière et des dangers auxquels les piétons seront exposés, la TMRSU donne son aval à l’entrée en opération de cet Intermart Express, ultime péripétie d’une affaire qui suscite bien des interrogations.
Sécurité publique
Cette affaire débute par une demande d’un BLP par El Monaco Hotels Ltd pour l’aménagement d’une supérette dans le bâtiment de l’ancien cinéma BDC. La MQB octroie le permis. Mais quand elle se rend compte que les travaux ont été effectués « contrary to plan », elle obtient une injonction de la Cour suprême, interdisant la poursuite des travaux en attendant le main case. La MQB a récemment perdu son affaire par vice de procédure : elle a logé sa plainte contre Express Mart Distribution Ltd et non contre El Monaco Hotel Ltd.
Ainsi, d’une supérette (comme proposé par El Monaco Hotels Ltd et approuvé par la MQB), le projet initial s’est transformé en un supermarché sous l’enseigne Intermart Express et réalisé par Express Mart Distribution Ltd.
La municipalité s’inquiétait déjà, alors, de l’incidence de ce type de commerce sur la circulation routière à cet endroit névralgique de La Louise et pour la sécurité publique, d’où son injonction.
Suite à cette injonction de la Cour suprême, Express Mart Distribution Ltd demande, dans un premier temps, un BLP pour « régulariser » la construction illégale d’El Monaco Ltd. Peu de temps après, elle retire sa requête. Elle revient ensuite à la charge avec cette fois-ci une demande pour un “exempt development”, compte tenu du fait qu’elle détient déjà un BLP (obtenu par El Monaco Hotels Ltd). La municipalité lui impose alors comme conditions, entre autres, l’aménagement d’un parking. El Monaco Hotels Ltd propose un site jouxtant le site de l’ancien bâtiment du cinéma BDC, appartenant aux héritiers de Mme Leung Pah Hang Nienmoye Acham.
La visite sur le site vers la mi-août du ministre des Collectivités locales Hervé Aimée, accompagné de l’Acting Chief Executive de la MQB, de son Permanent Secretary et du Chief Building Inspector de la municipalité, ne passera pas inaperçue. Car ce n’est pas tous les jours que les employés d’une municipalité voient leur ministre de tutelle descendre sur le terrain pour une demande de BLP.
Le ministre a vérifié les plans et autres documents du projet avant de procéder à une site visit. Suite à cette visite ministérielle, le Permanent Secretary du ministère des Collectivités locales a convoqué le Head of Planning Department de la MQB.
Selon un document de la municipalité, le Head of Planning Department a indiqué au ministre que la municipalité ne pouvait alors approuver la demande de Express Mart Distribution Ltd parce qu’il y avait une affaire en cour. Hervé Aimée devait lui expliquer que cette demande ne pouvait rester en suspens jusqu’à ce que la cour décide, car cela prendrait trop de temps.
Faute de quorum à une réunion de l’Executive Committee qui devait alors l’approuver, le dossier du parking d’Intermart Express a été soumis au ministre de tutelle, qui selon la nouvelle Local Government Act, dispose de l’autorité nécessaire pour le faire.