« Je viendrai avec mon projet de réforme électorale moderne, nation building, qui prend en considération tout le monde », a déclaré hier le Premier ministre, qui accordait une interview en direct à la presse parlée publique et privée. Cette interview de près de 90 minutes, au lendemain de la conférence de presse conjointe sir Anerood Jugnauth/Paul Bérenger, a permis à Navin Ramgoolam de revenir sur le discours-programme et sur la situation économique du pays, avant qu’il ne réponde à des questions touchant à la situation politique et aux critiques formulées contre lui.
À une question concernant le défi de la réforme électorale, Navin Ramgoolam a observé que le leader de l’Opposition a tendance à penser que ce sont seulement ses propositions qui sont bonnes. Ce qui l’a amené à dire qu’il souhaitait la présentation « d’un bon projet de loi ». Il a, par conséquent, insisté sur le fait qu’il viendra avec son projet de réforme tout en sachant qu’il lui faudra le soutien d’une majorité de trois quarts. « Les jeunes d’aujourd’hui sauront alors qui est moderniste et qui ne l’est pas. Je prendrai en considération tout ce que nous avons dit et nous verrons ». Il a expliqué que lors de la conférence constitutionnelle de 1963, MM. Koenig, Ah Chuen et Mohamed s’étaient prononcés en faveur d’un système de représentation proportionnelle et le Parti travailliste était contre. C’est dans un esprit de compromis que le système de best losers a été introduit. Ce qui fait que le système de représentation proportionnelle et le best losers system sont incompatibles. Il a insisté sur le fait qu’il viendra avec un système où tout le monde sera représenté.
Navin Ramgoolam a insisté sur le fait qu’il est inacceptable que 44 ans après l’accession de Maurice à l’indépendance, on soit encore tenu de décliner son origine ethnique afin de pouvoir présenter sa candidature. Il a fait comprendre qu’il a tendance à agir dans l’intérêt du pays et par conviction. « Je fais de la politique sur la base de conviction », a-t-il lancé.
Questionné à propos de la date des élections municipales, le PM a fait comprendre que c’est lui qui décide de l’agenda politique et qu’il lui reviendra de fixer la date des élections à un moment approprié.
L’Affaire MedPoint a aussi été évoquée. Le Premier ministre a annoncé que lors du meeting du 1er-Mai il révélera qui sont « le parrain et la marraine de MedPoint ». Dans ce contexte, il s’est dit choqué par les attaques et les menaces perpétrées contre le DPP par SAJ et Paul Bérenger, reprochant à ces derniers de s’attaquer au judiciaire.
S’agissant du pouvoir présidentiel, Navin Ramgoolam a estimé que c’est celui qui est élu par le peuple qui doit avoir le pouvoir. Il s’est élevé contre le fait qu’un président puisse utiliser ses pouvoirs pour servir les intérêts de son clan plutôt que ceux du pays.
Interrogé sur le vol dans son campement à Roches-Noires, le Premier ministre a donné sa version des faits, affirmant qu’il s’est rendu sur les lieux après avoir appris qu’il y avait eu un vol. Il a dit avoir demandé à la personne qui s’y trouvait au moment du vol de faire une déposition à la police.
S’agissant d’Ashock Jugnauth et d’Éric Guimbeau, Navin Ramgoolam a dit qu’il respectait la décision du premier d’avoir refusé d’aller prendre le thé à La Caverne après ce qui lui est arrivé. Pour lui, Éric Guimbeau est un homme de principe. Il a refusé toutefois de dire s’il compte conclure un accord avec eux, estimant que les élections sont pour 2015.