s fondateurs du MABC, lors d’une rencontre marquant le deuxième anniversaire du club. Le MABC, a déclaré Amédée Darga, souhaite constituer une société à buts spécifiques dont le capital serait ouvert à des compagnies ayant une connaissance des marchés africains. « Nous voulons faire les choses de manière collective. Mais cela ne veut pas dire que les éventuels partenaires doivent cesser d’élaborer des projets et faire des investissements en Afrique à un niveau individuel », a souligné le président du MABC. Ce dernier a soutenu que l’objectif du MABC est de réunir les capacités et le savoir-faire développés par des entreprises individuellement et de mettre en commun les ressources humaines et financières dont elles disposent pour une meilleure exploitation des opportunités d’affaires en Afrique.
Amédée Darga a soutenu que le MABC veut s’affirmer comme un leader d’opinions sur les perspectives économiques en Afrique et compte apporter son concours pour des débats d’idées sur ce marché. Depuis sa création, le groupe a organisé des sessions de sensibilisation sur les possibilités d’affaires en Afrique et a été à la base de la rédaction d’un document contenant quelque 15 propositions, qui a été soumis aux autorités. Grâce à ce document, on a pu assister à l’émergence du Mauritius Africa Fund et de mesures spécifiques, telles la subvention sur le fret pour les entreprises exportant vers l’Afrique et une importante contribution gouvernementale sur la prime payée par les entreprises pour la garantie des crédits à l’exportation. « Our voice counts », s’est félicité le président du MABC qui, dans la foulée, a annoncé l’imminent lancement d’un site web pour le club.
Invité spécial à ce rendez-vous du MABC, le directeur régional de la Banque africaine de développement, Gabriel Negatu, a consacré son intervention aux opportunités d’affaires en Afrique de l’Est, une zone comprenant 13 économies (dont le Kenya, la Tanzanie, l’Ouganda, l’Éthiopie, le Soudan du Sud, le Burundi et les Seychelles). S’adressant à un parterre de professionnels de la finance et de directeurs de certains groupes ayant déjà développé des opérations en Afrique, Gabriel Negatu a fait ressortir que les pays dont ils assurent la représentation au sein de l’administration de la BAD regroupent une population d’environ 350 millions d’habitants et que les perspectives, dans nombre de ces pays, sont intéressantes. « This is a region where you should be », a-t-il argué, annonçant que ce bloc a enregistré une croissance économique moyenne d’environ 5% ces dernières années.
Gabriel Negatu a rappelé que la région connaît des développements au niveau de sa classe moyenne, dont les revenus disponibles pour la consommation sont en train de grossir. « Il y a eu une transformation économique dans les pays de la zone, mais on reconnaît que cette transformation ne se fait pas à un rythme plus rapide », a déclaré le directeur régional de la BAD. Ce dernier a observé que la valeur ajoutée dans le secteur des services de ces pays est en progression constante et que ce développement est le moteur de la croissance des pays concernés. « Les services représentent environ 42% de l’économie est-africaine », a précisé Gabriel Negatu, les progrès de ce secteur se faisant au détriment des secteurs agricole et industriel.
Les changements intervenus dans les pays de la zone, placés sous la supervision de Gabriel Negatu, ont été enregistrés en grande partie grâce à l’impulsion donnée par le secteur minier et les activités d’exploration et d’exploitation du gaz et du pétrole. Le climat d’investissement dans ces pays s’améliore graduellement. Cependant, fait ressortir le directeur régional de la BAD, plusieurs défis restent à relever, à l’instar du prix élevé de l’énergie, du manque d’infrastructures et de problèmes sanitaires et de connectivité. La BAD et la Banque mondiale, a-t-il laissé entendre, travaillent de concert pour inciter à l’investissement dans les infrastructures.
Gabriel Negatu a estimé qu’il y a, pour les entreprises et les sociétés d’investissement basées à Maurice, un certain nombre d’opportunités à étudier sérieusement, notamment dans l’extractive industry (mines, pétrole, gaz, etc), l’agriculture et les services. Maurice doit pouvoir miser sur son savoir-faire dans le domaine des affaires en Afrique ainsi que sur sa plateforme financière pour structurer des investissements dans la région. Il y a, par exemple, des services que Maurice pourrait fournir dans le secteur des TIC, avec le relèvement de l’infrastructure dans la région. Gabriel Negatu a parlé de l’apport (en termes de produits et services) que peut fournir la BAD aux sociétés souhaitant se développer sur le continent.